La Suisse va aider la justice française
Des juges français pourront venir à Zurich, dans le cadre d'une enquête sur la Sempap - l'imprimerie de la mairie de Paris du temps de Jacques Chirac.
La Société d’économie mixte de prestations (Sempap) – qui réalisait des travaux d’imprimerie pour la ville de Paris sous l’ère Chirac – est soupçonnée d’avoir gonflé ses factures. Pour une somme totale estimée entre 22 et 25 millions de francs suisses durant la période 1986-1996.
Recours rejeté par le TF
Une partie de l’argent incriminé aurait été blanchie à Tahiti, avant de revenir dans deux banques suisses.
Les enquêteurs ont retrouvé la trace d’un virement de 8,5 millions de francs Pacifiques (467 000 francs suisses) effectué le 6 décembre 1995 sur un compte suisse.
D’ailleurs, dans le cadre de cette affaire, le Ministère public zurichois a accepté une demande d’entraide judiciaire française. Mais l’une des deux banques concernées a décidé de recourir.
Mais, cette semaine, le Tribunal fédéral (TF) a confirmé la décision de la justice zurichoise. Les magistrats français pourront donc assister à l’audition des témoins – dont un ancien employé de banque – interrogés dans le cadre de l’enquête sur la Sempap.
Dans les caisses du RPR
Ce que les enquêteurs français aimeraient bien savoir, c’est à qui profitaient ces surfacturations.
Plusieurs témoins affirment que cet argent est allé dans les caisses du RPR, le parti de l’actuel président de la République et ancien maire de Paris. Encore faut-il pouvoir le prouver.
Plusieurs personnes ont évoqué des remises d’argent liquide au cabinet de Jacques Chirac. En ajoutant que ce dernier «était nécessairement au courant».
«J’ai entendu dire par mon époux qu’il avait été amené à transporter une valise contenant des espèces», a confirmé à la justice Michèle Brats, l’épouse de l’ancien patron de la Sempap. Il s’agissait d’une valise qu’il a transmise à Michel Roussin, qui était alors directeur de cabinet à la mairie de Paris.»
Jacques Chirac intouchable
En mars 2002, Armand Riberolles et Marc Brisset-Foucault, les deux magistrats en charge de ce dossier, ont déjà inculpé cinq personnes.
Mais l’ancien patron de Sempap (Jacques Brats) et l’ancien maire de Paris (Jacques Chirac) ne risquent rien dans cette affaire.
Le premier est décédé en septembre 2001. Et le second – selon la Cour de Cassation – ne peut pas être entendu et encore moins être inquiété par la justice.
swissinfo/Ian Hamel
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