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La Suissesse Carla Del Ponte accuse la Yougoslavie

Le procureur du TPI, Carla Del Ponte, n'a pas l'habitude de mâcher ses mots. swissinfo.ch

Devant le Conseil de sécurité de l'ONU, la procureur du TPI accuse Belgrade de protéger le criminel Ratko Mladic. Un «affront» pour la justice internationale.

Face aux 15 membres du conseil de sécurité, la magistrate suisse a été fidèle à son style, très direct. Depuis six ans, Radovan Karadzic et Ratko Mladic sont inculpés par le Tribunal pénal international (TPI) pour leur rôle présumé dans le massacre de près de 8 000 bosniaques à Srebrenica. Or les deux hommes sont toujours en liberté.

Le Conseil de sécurité doit faire pression

«J’ai le regret d’informer le Conseil que Ratko Mladic réside en République fédérale de Yougoslavie sous la protection officielle de l’armée yougoslave, a déclaré Carla Del Ponte. En tant qu’officier de l’armée yougoslave, le général Mladic jouit, parait-il, d’une immunité militaire».

Selon la presse, Radovan Karadzic circulerait également en toute liberté sur le territoire yougoslave. Pour la procureur du TPI, le fait que les deux accusés soient libres de leurs mouvements est un «affront» à l’autorité du Conseil de sécurité. Pire, un affront qui «tourne en dérision la justice internationale dans son ensemble».

Carla Del Ponte appelle donc le Conseil de sécurité de l’ONU à faire pression pour que les deux hommes soient enfin arrêtés. «Ce qui est sûr, a dit Carla Del Ponte, c’est que si le Conseil de sécurité veut que le Tribunal conclue son travail aussi vite que possible, il doit garantir que tous les inculpés seront rapidement arrêtés et transférés».

Serbie hors de cause

Cet avertissement, inhabituel dans l’enceinte policée du Conseil de sécurité, ne vise pas les autorités serbes. «Nous avons eu de bons résultats en travaillant au niveau de la république avec le Premier ministre Djindjic et les autorités serbes», a affirmé Carla Del Ponte. L’arrestation et le transfert à La Haye de Slobodan Milosevic en est l’exemple le plus éclatant.

Selon la magistrate suisse, les blocages viennent d’au-dessus, du niveau fédéral, qui ferait obstruction au travail du tribunal, pour des raisons de «politique intérieure», en utilisant comme prétexte un nécessaire changement de la loi nationale qui tarde à venir.

Du coup, la liste des personnes recherchées par le TPI en République fédérale de Yougoslavie, ne fait selon Carla Del Ponte que s’allonger.

Philippe Bolopion, New York

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