La tour «swiss re» au cœur d’une polémique à Londres
Les attentats de New York et de Washington ont eu pour effet de mettre en évidence la vulnérabilité des «gratte-ciel», y compris en Grande-Bretagne. Ainsi, le maire de Londres est prié de revoir sa politique de construction d'immeubles. Cela, au moment où se construit l'une des plus grandes tours de la ville: le siège anglais de Swiss Re.
La compagnie suisse de réassurance, après les attentats de la semaine dernière, a fait part de toute sa sympathie, de ses condoléances…mais n’a pas voulu évoquer la question de la sécurité de ses propres bâtiments et des employés qui y travaillent.
Le seul commentaire accordé par une porte-parole de Swiss Re se résume en un petit: «nous construisons une tour à Londres». Point final. Effectivement, les fondations de cet édifice sortent déjà de terre aujourd’hui.
Apparemment le projet n’est pas remis en question. Pas moyen de savoir si l’inquiétude sécuritaire des autorités londoniennes a effleuré les dirigeants de Swiss Re. Et si cette question a été débattue ou non.
Situé dans le quartier des affaires, la tour «swiss re» – c’est son nom – doit mesurer près de 180 mètres (590 pieds). Seul pour l’instant un autre bâtiment est de dimension supérieure et 2 projets, encore à l’étude, dépasseraient les 600 pieds.
Ce projet architectural a été accepté par les autorités londoniennes, les permis délivrés, les fondations ont déjà été réalisées. Pas question donc, pour l’instant, de revenir sur cette décision. Elle serait légalement injustifiable.
Les multinationales ne voudront plus de gigantisme
Pour ce qui est des projets à venir, Londres a le pouvoir de les bloquer au niveau de l’autorisation de construire. Bob Neill, patron de la commission d’urbanisme, ne veut plus de la politique du maire de la ville. Ken Livingstone, qui semble favoriser la construction d’édifices gigantesques
Bob Neill estime qu’après les dramatiques événements 11 septembre, les multinationales ne voudront plus de gigantisme, ni de bâtiments-icônes.
Mais Ken Livingstone ne partage pas les inquiétudes de sa commission d’urbanisme. Il reconnaît que «n’importe quel building est une cible potentielle pour terroristes», Mais, cela ne remet pas pour autant en question sa vision verticale du Londres du 21e siècle: «il y a bien des gens qui vivent autour de volcans qui peuvent entrer en éruption à tout moment», rappelle le maire.
Gaëtan Vannay, Londres
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