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La villa de Yeslam Binladin perquisitionnée

Yeslam Binladin se met à la disposition de la justice française. Keystone Archive

La police a perquisitionné à Cannes dans la villa de l'homme d'affaires suisse. Dans le cadre d'une procédure judiciaire pour blanchiment d'argent.

Depuis la semaine dernière, Yeslam Binladin – le demi-frère du terroriste présumé Oussama – est dans le collimateur de la justice française. L’affaire est sérieuse. Le dossier a d’ailleurs été confié à Renaud Van Ruymbeke, l’un des magistrats parisiens les plus pugnaces qui est déjà en charge de l’affaire Elf.

Que reproche le juge d’instruction à ce financier discret, d’origine saoudienne, installé en Suisse depuis 1985?

Domiciliée à Genève, la société SICO aurait frauduleusement dégagé des fonds, par le biais de petites sociétés basées en France, au moyen de contrats commerciaux fictifs. C’est, du moins, ce que laisse entendre l’enquête.

En novembre, des investigations menées par les Renseignements généraux sur les avoirs directs ou indirects de la famille d’Oussama Ben Laden sur le territoire français notaient que la Saudi Binladin Group possédait plusieurs sociétés dans l’Hexagone. Elle parlait notamment du groupe de distribution Casareen, installé dans les Yvelines, dans la région parisienne.

Toutefois l’enquête ne signalait «aucune collusion directe avec les groupes terroristes». De son côté, Yeslam Binladin répète avec force que SICO n’entretient aucun lien avec le groupe familial Saudi Binladin Group, basé en Arabie Saoudite.

Réunion vendredi avec le juge Van Ruymbeke

Agissant sur commission rogatoire du juge Renaud Van Ruymbeke, des policiers français ont donc perquisitionné, mercredi matin, dans la villa de Yeslam Binladin. Une maison baptisée «La Bergerie» et située sur les hauteurs de Cannes, sur la côte varoise.

L’homme d’affaires genevois a fait savoir à swissinfo qu’il n’avait appris cette perquisition que par les employés de maison. Mais qu’il continuait, malgré tout, à se tenir à la disposition de la justice française.

Yeslam Binladin répète qu’il «y a erreur sur la personne». Et qu’il s’agit, en l’occurrence, d’une confusion de noms.

Un chose est sûre: en décembre, la banque anglaise Barclays a signalé des mouvements financiers étranges à TRACFIN – un service français chargé de la lutte contre le blanchiment. Des opérations, transitant par la France, entre des sociétés du groupe SICO installées aux îles Vierges britanniques et en Grande-Bretagne.

Deux avocats du financier genevois, le Suisse Pierre de Preux, et le Français Pascal Klein, ont pris rendez-vous vendredi avec Renaud van Ruymbeke. Le juge parisien pourrait bien engager d’autres investigations dans ce dossier.

swissinfo/Ian Hamel

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