Le festival du film alpin en équilibre instable
Début ce week-end du 34e Festival international du film alpin des Diablerets, dans le Canton de Vaud.
Une manifestation qui traverse une crise et est à la recherche d’un nouveau souffle.
Trente-quatre ans, c’est un bel âge pour un festival. Et sachant que la manifestation vaudoise a un nouveau directeur depuis l’année passée, en la personne de Jean Bovon, on pourrait se dire que, grâce à un apport de sang neuf, sa pérennité est assurée.
En 2002, Jean Bovon parlait de «changement dans la continuité», mais, à l’occasion de ce millésime 2003, le propos est plus alarmiste. Pour lui, le film de montagne est en crise, et il examine diverses mesures pour dynamiser la manifestation.
Stagnation
Depuis des années, le festival lutte pour sa survie: fréquentation stagnant entre 2000 et 3000 personnes, difficulté à attirer les sponsors. En 2002, les productions présentées n’avaient en outre pas emballé le jury, qui avait déploré une cuvée très moyenne.
Pour le directeur, une mutation de la manifestation est donc indispensable. D’autant plus qu’il existe quatorze festivals de films de montagne en Europe, au Canada et aux Etats-Unis.
Cette année, le festival dure deux jours de plus. Comme ce fut déjà le cas en 2002, il accueille également les sports extrêmes: films de «freeride», de parapente ou de grimpe sur cascade de glace. Le directeur espère ainsi attirer davantage de public.
Quitter les Diablerets?
«Une question se pose sérieusement: faut-il rester aux Diablerets ou organiser le festival dans un lieu plus accessible?» questionne Jean Bovon. Lors d’un entretien avec l’ATS, il a évoqué, entre autres projets, l’éventualité d’un festival qui mêlerait films de montagne et de mer.
«Actuellement, nous naviguons à vue», reconnaît-il. «Nous cherchons des idées car nous sommes conscients qu’il n’y aura bientôt plus suffisamment de films de montagne de qualité.»
Forte présence suisse
Le programme 2003 propose 24 films, surtout des documentaires. La Suisse y est très présente avec 11 contributions, suivie de la France (6), de l’Allemagne (3), de l’Italie (2), de la Chine et de l’Inde.
Ces films concourent notamment pour le Grand Prix des Diablerets ou l’un des Diables d’or (catégorie «Freeride/Sport extrême/Exploits» ou «Documentaires») qui seront remis le 27 septembre.
L’an passé, le réalisateur italien Renato Morelli avait remporté le Grand Prix du festival pour «Il guardiano dei segni».
Durant le festival, le public pourra visiter une exposition de photographies et de sculptures. Et, cette année, c’est l’ethno-sociologue romand Bernard Crettaz qui se verra remettre le Mérite alpin pour ses écrits et réflexions sur le monde alpin.
swissinfo avec les agences
Le 34e Festival du film alpin des Diablerets se tient jusqu’au 27 septembre.
24 films sont répartis dans deux catégories: «Freeride/Sport extrême/Exploits» et «Documentaires».
Le Mérite alpin 2003 est attribué à l’ethno-sociologue Bernard Crettaz.
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.