Le plaidoyer musclé de Joseph Deiss
Le conseiller fédéral n'a pas mâché ses mots, lundi, à Milan. Il a pris la défense de la place financière suisse qui reste «hermétiquement fermée à l'argent des terroristes».
Invité par le Centre suisse de Milan qui fête cette semaine ses 50 ans, le patron de la diplomatie suisse est, pour la première fois, en visite officielle dans le chef-lieu lombard.
Dans un discours musclé, prononcé en anglais à l’occasion de l’ouverture de «Swiss Business Hub» – une plate-forme de lancement et échanges commerciaux pour les petites et moyennes entreprises suisses et italiennes – le conseiller fédéral a rejeté les accusations portées contre la place financière suisse.
Aucun abus ne sera toléré
La communauté internationale et la presse lui reprochent d’accueillir des capitaux d’origine douteuse. «Notre pays», a souligné le Joseph Deiss «ne tolèrera aucun abus de sa place financière par les terroristes. La Suisse prendra toutes les mesures possibles pour qu’aucun soutien à des attaques terroristes ne soit offert sur son sol.»
Le conseiller fédéral en a profité pour rappeler les efforts entrepris par la Suisse pour combattre les mouvements financiers suspects: contrôle plus accentué sur les clients des instituts banquiers et autres fiduciaires, interdiction de la mise en place de sociétés fictives, sanctions financières contre les pays qui soutiennent le terrorisme et amélioration de la collaboration internationale sur les capitaux illicites.
Sur ce dernier aspect, Joseph Deiss a évoqué la loi sur l’entraide judiciaire italo-suisse signée en 1998, ratifiée par la Suisse en 1999 et approuvée par le Parlement italien la semaine dernière. Il a espéré que les modifications restrictives apportées à la loi «ne compromettront pas l’accord».
La désinformation engendre la confusion
«En tant que place financière internationale, la Suisse est pleinement consciente du poids de ses responsabilités. Cependant, malgré les efforts entrepris, elle est constamment montrée du doigt. En partie, sûrement, à cause des malentendus qui circulent sur le secret bancaire», a souligné le chef de la diplomatie suisse.
Et Joseph Deiss de conclure: «On entend souvent parler, par exemple, de comptes numérotés anonymes. C’est faux, il n’existe pas de comptes anonymes dans les banques suisses et je trouve dommage que la désinformation engendre la confusion.»
Gemma d’Urso
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