Le tennis peut être cruel…
Martina Hingis subit l'une des plus amères désillusions de sa carrière en perdant la finale de Melbourne contre Jennifer Capriati, après avoir galvaudé quatre balles de match!
Deux heures et 10 minutes sous une canicule de plus de 35 degrés et une cruelle défaite en trois sets 6-4 6-7 (7-9) et 2-6: Martina Hingis n’est pas allée jusqu’au bout de son rêve, échouant littéralement au poteau en finale des Internationaux d’Australie contre Jennifer Capriati.
Seigneuriale, dominatrice, assénant ses coups avec puissance et précision, Martina Hingis commence pourtant par dominer cette finale. Elle enlève la première manche 6-4 (après avoir mené 5-1), profitant de sa propre fraîcheur et de la lourdeur de l’Américaine, pataude dans ses mouvements et qui part à la dérive.
Une impression qui se confirme dans la seconde manche. Martina Hingis s’envole pour mener 4-0. Dès lors, qui peut bien encore croire que le match n’est pas joué?
Coup de chaleur
C’est compter sans la canicule oppressante qui s’abat progressivement sur le Rod Laver Arena de Melbourne. Les deux protagonistes en souffrent, d’abord Capriati, puis Hingis. La Saint-Galloise profitera d’une pause pour s’étendre durant quelques minutes et l’arbitre accordera avant l’ultime set un break d’un quart d’heure pour recharger les accus à coups de passage à l’ombre et de morceaux de glace bienfaisants. «Je n’avais même plus la force de changer d’habits», mentionne Jennifer Capriati.
La chaleur n’est qu’une explication. L’autre, plus importante encore, est la nervosité indéniable d’une tenniswoman qui joue avec le petit bras au moment de disputer les points importants. Ce fut déjà le cas contre Monica Seles en demi-finale, l’histoire s’est répétée contre Jennifer Capriati. Menant 4-0, la Saint-Galloise va s’écrouler, incapable de retrouver sa sérénité.
A sa décharge, l’Américaine abordera parfaitement les balles de match. La première sera proposée à Martina Hingis à 5-3, la seconde à 6-5, les deux suivantes lors du tie-break. «J’ignore comment j’ai pu retourner le match, lâche l’Américaine. J’ai constamment dû lutter sur le court aujourd’hui.»
Le cauchemar
Le troisième set tournera au cauchemar pour Martina Hingis, qui perdra notamment son service à 3-2 sur une double faute provoquée par… deux erreurs du pied. Du jamais vu à ce niveau. C’en était trop pour la Suissesse. Les larmes aux yeux, l’émotion difficilement contenue lors de la remise des trophées, elle lance «Je ne sais pas si je dois crier…» Elle ne l’a pas fait. Mais l’envie ne lui a pas manqué…
Jonathan Hirsch
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