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Les bruits de bottes se précisent

Les manifestations hostiles aux Etats-Unis n'ont réuni vendredi que 100 000 personnes au Pakistan. Keystone

L'Union européenne fait front commun avec les Etats-Unis. De son côté, les taliban, de plus en plus isolés politiquement, accusent Washington de vouloir lui imposer la guerre, à laquelle il se prépare pendant que Washington poursuit le redéploiement de ses forces. Par ailleurs, les enquêtes se poursuivent dans les milieux islamistes et sur d'éventuels délits d'initiés.

Kaboul juge «impossible» et «contraire à l’islam» de livrer Oussama ben Laden aux Américains, estimant en outre que Washington n’a pas fourni les preuves de la culpabilité du milliardaire d’origine saoudienne dans les attentats meurtriers du 11 septembre aux Etats-Unis, dont le bilan définitif approchera sans doute les 7000 morts.

Washington redéploie ses forces

obtenir une inculpation et une condamnation de ben Laden. L’ultimatum lancé aux taliban n’est donc «pas négociable». Riposte des talibans: «Si les Etats-Unis attaquent l’Afghanistan, nous n’aurons pas d’autre choix que de lancer la guerre sainte.

Alors que la confrontation semble inéluctable, la milice des taliban a affirmé dans la matinée avoir abattu un avion espion sans pilote américain dans le nord de l’Afghanistan. L’incident n’a été ni confirmé, ni infirmé.

En prévision de la riposte, Washington a entrepris depuis plusieurs jours un redéploiement important de ses forces militaires vers le Proche-Orient et l’Océan Indien.

M. Bush s’est retiré pour le week-end dans sa retraite de Camp David, d’où il poursuivra les préparatifs de représailles américaines. Il aura samedi une réunion en téléconférence avec les membres du Conseil national de Sécurité.

L’Europe est solidaire et Kaboul isolé

Les Américains peuvent désormais compter sur le soutien déterminé de l’Europe. Les chefs d’Etat et de gouvernement des 15 pas de l’UE, réunis en sommet extraordinaire à Bruxelles vendredi soir, ont affiché leur solidarité et jugé «légitime» une riposte américaine aux attentats, tout en insistant pour que cette réponse soit «ciblée» et se situe sous l’égide des Nations unies.

L’Union européenne a toutefois tenu à rejeter «solennellement tout amalgame» entre les groupes de terroristes fanatiques et le monde arabe et musulman.

Autre succès politique pour les Américains, l’isolement de Kaboul. Le régime pakistanais a nettement pris ses distances. D’autre part, selon Karachi, les manifestations de soutien aux taliban – qui ont causé la mort de quatre personnes – n’ont mobilisé qu’une centaine de milliers de personnes
sur l’ensemble du territoire, voire moins, selon le gouvernement.

Par ailleurs, seul pays avec le Pakistan et l’Arabie saoudite à reconnaître le régime afghan, les Emirats arabes unis ont rompu leurs relations diplomatiques.

Après Israël, la Turquie a annoncé samedi qu’elle était prête à ouvrir son espace aérien aux Américains. Fait rare, Téhéran, qui n’a plus de relations diplomatiques avec Washington depuis 1980, a indiqué avoir reçu un message des autorités américaines iraniennes relatif à la crise. L’Iran est de plus en plus sollicité par les Occidentaux dans leur lutte antiterroriste.

Coups de filets en Europe

Les polices occidentales ont multiplié cette semaine les coups de filets dans les milieux islamistes tandis que les Etats-Unis et l’Union européenne se partagaient le travail diplomatique pour mettre sur pied une grande coalition antiterroriste.

Réunis en sommet vendredi à Bruxelles, les dirigeants européens, faisant front commun avec les Américains, ont décidé de dépêcher lundi au Proche et au Moyen-Orient une «troïka» pour encourager la région à rejoindre leur alliance et à réprimer les organisations terroristes, dont celle qui a frappé aux Etats-Unis.

Délits d’initiés probables

Les ministres des Finances des Quinze ont demandé samedi aux autorités de supervision de l’UE un rapport sur les mouvements suspects en bourse avant et après les attentats de New York et Washington. Le milliardaire Ben Laden aurait bénéficié de ces délits d’initiés.

La Bundesbank a indiqué samedi avoir découvert des indices de délits d’initiés avant les attentats. Ils concerneraient des achats d’actions notamment. Des enquêtes ont dès lors été ouvertes dans plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, la France, le Luxembourg et la Belgique.

swissinfo avec les agences

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