Les hommes feront-ils aussi bien que Nicole Brändli?
Les professionnels sont appelés à s'affronter dans le contre-la-montre des Mondiaux de Lisbonne. Un contre-la-montre dans lequel la Suisse engage deux coureurs: Fabian Cancellara et Jean Nuttli.
Après la médaille d’argent de la Zurichoise Nicole Brändli, mercredi dans le contre-la-montre des championnats du monde des dames, à Lisbonne, la délégation suisse se met à rêver: et si jeudi Fabian Cancellara, voire Jean Nuttli, montaient à leur tour sur le podium? Prudents, le Bernois et le Lucernois affirment d’une même voix: «Une place dans les dix premiers serait déjà une très belle satisfaction».
Un parcours difficile
Car jeudi, sur les 38 kilomètres 200 de ce parcours exigeant, où les spécialistes de la montagne y trouveront leur compte plus que les rouleurs purs, la concurrence est relevée.
La liste des favoris va de l’Ukrainien Sergei Honchar, champion du monde en titre, le dernier à s’élancer, au Russe Petrov, en passant par Jan Ullrich, le Hongrois Bodrogli, Jens Voigt et David Millar – la liste n’est pas exhaustive.
Dans ce concert, les Suisses auront fort à faire pour tirer leur épingle du jeu. Fabian Cancellara (20 ans) affirme: «Le parcours est le même pour tous». Pour sa part, Jean Nuttli (27 ans), qui n’est de loin pas un grimpeur, souligne: «Ce parcours est plus difficile que celui de Lugano il y a une semaine où j’ai décroché mon titre de champion de Suisse. Ce parcours n’est pas pour moi».
Nuttli a un autre objectif
Un Nuttli qu’on sent déjà tourné vers son dernier objectif de la saison: s’attaquer au record du monde de l’heure (49,441 par Christopher Boardman à Manchester le 21 octobre de l’année dernière). «S’attaquer au record du monde est une opération onéreuse. Je ne vais pas m’y lancer sans avoir effectué des tests sérieux sur le vélodrome de Bordeaux».
Certes, le Lucernois a sérieusement préparé cette échéance du contre-la-montre. «J’ai roulé derrière une moto et sur des routes vallonnées afin d’acquérir du rythme». Est-ce suffisant lorsqu’il se mettra en selle, quatre minutes avant Honchar (les coureurs s’élanceront de minute en minute)? Une chose est certaine: il bénéficiera du temps de référence de Cancellara.
De solides références
Le Bernois sera déjà rentré au box des Suisses. Son temps fera-t-il référence? Entré chez «Mapei» au lendemain des Mondiaux de Vérone, il est passé professionnel cette saison. Champion du monde deux ans de suite chez les juniors, deuxième à Plouay chez les moins de 23 ans l’année dernière, il possède de solides références dans l’exercice.
Or cette saison, ce mécanicien-électricien de profession a sacrifié à ses obligations militaires. «Physiquement j’ai très bien récupéré de l’école de recrues. Je l’ai faite dans une unité de sportif d’élite, à Macolin», explique-t-il. «L’avantage d’une telle unité est que nous pratiquons beaucoup de sport. Mais sur les 15 semaines, nous avons fait pendant huit semaines le même travail que les autres recrues».
Et d’ajouter: «La forme est là suite au programme de préparation et aux courses auxquelles j’ai participé ces dernières semaines. Côté pression, elle est différente de celle des trois dernières saisons aux championnats du monde. C’est normal. J’entre dans la cour des professionnels. Je suis confiant».
Si une certaine pression est latente, Cancellara a tout fait pour l’évacuer. «C’est serein que je prendrai le départ. Ce parcours est très dur, mais il me plaît. C’est vrai que ses caractéristiques s’adressent plus à un spécialiste des contre-la-montre en côte. Je le répète: le parcours est le même pour tous».
Pierre-Henri Bonvin, Lisbonne
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