Les pacifistes comptent leurs troupes
Les pacifistes suisses demandent l'arrêt des frappes anglo-américaines sur l'Afghanistan. Ils appellent à une manifestation nationale samedi à Berne. Un test clé pour l'avenir et l'unité du mouvement.
«La coalition contre la guerre et la terreur» réunit notamment des membres du Groupe pour une Suisse sans Armée (GSsA), des Jeunes socialistes, des Verts, mais aussi des militants anti-mondialisation du groupe Attac.
Elle exhorte le gouvernement à prendre ses distances face aux actions guerrières des Etats-Unis et leurs alliés. Mais, surtout, elle invite les Suisses à se rendre sur la place fédérale pour dénoncer la riposte militaire aux attentats terroristes de New et Washington.
L’occasion pour le mouvement pacifiste suisse de réaffirmer son existence et de redonner de la voix après quelques années de relative discrétion. D’autant que ce combat semble prometteur.
Mobilisation encourageante
Les manifestations organisées au lendemain des premiers bombardements sur l’Afghanistan ont rassemblé des milliers de personnes à Genève et à Zurich. «Un bon résultat, estime Paolo Gilardi du GSsA. Face à l’appareil de propagande américain, ces premières mobilisations spontanées sont plutôt encourageantes.»
Et le pacifiste d’enchaîner: «il est très difficile de faire des pronostics mais, samedi, nous espérons réunir au moins 2000 personnes».
Membres également de la «coalition contre la guerre et la terreur», les anti-mondialisation d’Attac sont moins optimistes. «Cette mobilisation risque d’être un échec, craint Alberto Velasco, député socialiste genevois et président du groupe Attac Genève.
L’opinion publique est indécise
Pour Alberto Velasco, la préparation de cette journée a été insuffisante. De même que la campagne d’information faite à son propos. D’autant plus que l’opinion publique ne s’est pas encore fait une opinion claire sur la question. Elle hésite toujours sur le bien fondé des représailles américaines après les attentats du 11 septembre.
«Pour pouvoir créer un véritable mouvement de contestation, poursuit Alberto Velasco, je crains que nous ne soyons obligés de revenir à la charge de façon plus réfléchie.» Et le militant anti-mondialisation de remarquer que l’opinion publique occidentale est encore sous le choc des attentats de New York et Washington. Et qu’elle est, par conséquent, plus soucieuse de son propre sort que de celui du peuple afghan.
Des moments difficiles
«Les mouvements pacifistes vivent des moments difficiles, affirme Alberto Velasco. Face à la multiplication des conflits, les gens sont déstabilisés. Ils acceptent progressivement l’idée d’une armée au service de la paix.» Et de citer le cas des Suisses qui ont récemment accepté l’envoi de soldats armés à l’étranger pour soutenir des opérations de paix.
Les électeurs de gauche – qui expriment généralement une sensibilité plus pacifiste – ont d’ailleurs massivement soutenu cette révision de la loi militaire. Un vote pragmatique dans un monde de plus en plus perturbé.
Vanda Janka
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