Les Suisses réticents à des représailles militaires
Il faut trouver une issue pacifique à la crise actuelle, estiment les Suisses. C'est ce qui ressort d'un sondage Gallup présenté vendredi à Berne. Mais près d'un tiers des personnes interrogées seraient prêtes à soutenir Washington dans une action militaire. Surtout du côté alémanique.
Les Etats-Unis doivent juger les terroristes plutôt que d’engager des frappes militaires, selon 87% des Suisses. Et ils ne sont pas les seuls à le penser: 21 pays européens, deux asiatiques, deux africains et quatre latino-américains s’opposent également à une riposte militaire. Que seuls les Etats-Unis et Israël soutiennent, à 54% et 77%.
En Suisse, en revanche, le soutien à des représailles militaires n’est que de 8%. Il est particulièrement faible chez les femmes et les Romands. Mais les Suisses ne lâchent pas complètement les Américains. Ils sont 28% à estimer que Berne doit coopérer avec Washington en cas d’intervention, et 65% à s’y opposer.
Echange d’informations, également militaires
En comparaison, les Autrichiens et les Finlandais, également neutres, refusent toute participation à 82% et 83%. Alors que la population des Etats membres de l’OTAN se dit logiquement prête à collaborer avec les Etats-Unis. A l’exception des Grecs qui préféreraient rester en retrait.
Jusqu’où les Suisses sont-ils prêts à aller? Le sondage ne le dit pas. Mais on pourrait imaginer l’échange d’informations, également militaires, le droit de survol de la Suisse, le soutien de la Croix-rouge…
«Ce deuxième résultat nous a étonné, commente Robert Kappeler, chef d’Isopublic, l’institut qui a réalisé l’enquête en Suisse. Il est possible que l’image des Etats-Unis reste malgré tout assez positive dans notre pays, en particulier chez les jeunes et les Alémaniques. Ce qui engendre naturellement l’idée qu’il faut aider les Américains, et cela malgré notre neutralité.»
Les Alémaniques, plus enclins à soutenir les Etats-Unis
De manière générale, les Alémaniques, les jeunes, les hommes et les personnes de milieu aisé sont plus enclins à soutenir les Etats-Unis. Robert Kappeler avance une explication économique: plus touchée par la récession, la Suisse romande craint une crise économique globale.
Tous les Européens n’ont pas la même image des Etats-Unis. Les Italiens, les Anglais, les Portugais et les Allemands estiment que la politique extérieure a des conséquences positives sur leur pays. Un avis que ne partagent pas les Grecs, les Espagnols, les Français et les Autrichiens.
Les Suisses, eux, se placent dans cette deuxième catégorie. Ils sont 30% à juger négative l’influence américaine, contre 21% à l’estimer positive. Mais sur ce dernier point, une majorité des sondés ne s’est pas prononcée.
Caroline Zuercher
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.