Les Suisses rêvent d’un exploit
Samedi, la descente mythique du Lauberhorn accouchera d'un nouveau vainqueur. Absents de la plus haute marche du podium depuis 1994, les Suisses sont dans le coup.
Cette année pourrait être la bonne. Celle d’un nouveau succès rouge et blanc sur le tracé oberlandais. Les résultats des entraînements le confirment, comme l’ambiance bon enfant qui émane du groupe des descendeurs: les Suisses sont dans le coup.
Didier Cuche le chef de file
Sevrés de victoire sur le Lauberhorn depuis 1994, et le triomphe du Valaisan William Besse, ils sont avides de prendre leur revanche sur leurs terres. Et le message de l’entraîneur en chef des messieurs est on ne peut plus clair: «Nous ne visons pas seulement un podium, mais la victoire. Nous avons les moyens de nous imposer.»
La récente victoire de Didier Cuche – chef de file de cette équipe – en slalom géant, à Adelboden, n’est pas étrangère à ce regain de confiance. Pourtant ce dernier reste prudent.
«Tout ne baigne pas. Mais ça va bien», lance le Neuchâtelois qui connaît encore quelques petits problèmes de matériel. «La piste est excellente et je sais que je suis au contact avec les meilleurs.»
Lors du troisième et dernier entraînement vendredi, Didier Cuche s’est même offert le luxe de se relever après un peu plus d’une minute de course, histoire de garder des forces pour le grand jour et de brouiller les cartes.
Kernen, Cavegn et les autres
Malheureux jusqu’ici au pied de l’Eiger, Bruno Kernen revient en forme après un début de saison difficile. «C’est toujours un peu spécial de venir courir ici dans ma région. Je suis toujours motivé mais jusqu’ici je n’ai jamais réalisé de grandes choses sur cette piste. Pourtant j’éprouve énormément de plaisir à dévaler cette pente», explique le skieur de Spiez.
Franco Cavegn, l’ancien de l’équipe, a mis du temps pour digérer l’accident dramatique de son infortuné compagnon de chambre, Silvano Beltrametti. Serein aujourd’hui, le Grison a pour lui le calme et la lucidité des gens expérimentés. Et cela pourrait bien payer. «En fin de course mes jambes sont en feu. Mais je sais que les autres ont encore plus mal que moi.»
A l’opposé, le salut pourrait également venir de la jeunesse et la fougue d’Ambrosi Hoffmann, Rolf von Weisssenfluh ou Didier Défago. A condition toutefois de déjouer les multiples piège de cette piste si exigeante.
Car pour rejoindre Karl Molitor, Walter Tresch, Bernhard Russi, Roland Collombin, Toni Bürgler, Daniel Mahrer, Franz Heinzer et William Besse dans la légende, aucune erreur n’est permise.
Mathias Froidevaux, Wengen
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