Liechtenstein: affaire de blanchiment aux portes de la Suisse
Rien ne va plus à Vaduz. Le prince Hans Adam II reproche au gouvernement du Liechtenstein de lui avoir caché des informations concernant le blanchiment d'argent dans la Principauté.
Rien ne va plus à Vaduz. Le prince Hans Adam II (photo) reproche au gouvernement du Liechtenstein de lui avoir caché des informations concernant le blanchiment d’argent dans la Principauté.
L’affaire remonte à novembre dernier. Se basant sur un rapport du BND, les services secrets allemands, le magazine «Der Spiegel» montre du doigt le Liechtenstein, soupçonné d’ouvrir largement ses bras à toutes les mafias de la terre. Une incitation au blanchiment d’argent, titre l’article, illustré par une photo du château du prince Hans Adam II.
Dans sa résidence permanente de 130 pièces, qui surplombe la ville de Vaduz, le prince prend au sérieux les accusations venues d’Allemagne. «Nous ne pouvons pas exclure que certaines personnes se soient livrées chez nous à des activités criminelles. Je souhaite que les services secrets allemands nous communiquent les informations en leur possession», souligne le souverain.
Cette affaire vient, une nouvelle fois, détériorer les relations traditionnellement conflictuelles entre Hans Adam II et Mario Frick, le chef du gouvernement. La constitution de ce micro-Etat de 160 km2 et de 30 000 habitants n’offre pas une répartition claire des pouvoirs entre le souverain et le gouvernement.
Le prince laisse clairement entendre que le gouvernement avait en sa possession depuis février 1997 un rapport anonyme mettant en cause le Liechtenstein dans les affaires de blanchiment, et que ce document ne lui a été communiqué que la semaine dernière! Attaqué de front, Mario Frick a aussitôt répondu dans le «Liechtensteiner Vaterland», le quotidien local, qu’il avait lui-même remis le rapport au château. En d’autres termes, Hans Adam II ne dirait pas la vérité.
Ce rapport anonyme, qui porterait des accusations lourdes, mais non prouvées, contre de nombreuses personnalités du pays, a été transmis à la justice locale, qui a aussitôt ouvert une information. Toutefois, malgré des lois anti-blanchiment sévères, à ce jour personne n’a jamais été condamné au Liechtenstein pour avoir accepté de l’argent sale.
Ian Hamel
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