Lutte contre le blanchiment: mauvaise humeur de la mission française
En octobre dernier, la mission française contre la délinquance financière et le blanchiment avait accès sa visite sur Genève. Cette fois, elle a visité les cantons de Zurich et du Tessin. Apparemment, le courant n'est pas passé entre les deux pays.
Cette visite, étalée sur deux jours, de mercredi à jeudi, ne s’est pas déroulée dans les meilleures conditions. Les autorités suisses ont notamment exigé que les parlementaires français ne s’expriment pas durant leur séjour sur le territoire helvétique.
Pire, selon Arnaud Montebourg, rapporteur de cette mission parlementaire, ces interlocuteurs suisses auraient souhaité consulter le rapport avant publication devant l’Assemblée nationale française. » Nous ne pouvons pas accepter. C’est une atteinte à notre souveraineté nationale. Ni le Liechtenstein ni Monaco ne se sont permis de nous demander cela «, explique le député français à Radio suisse international.
Lors de sa première visite en Suisse, la mission parlementaire française avait concentré son action sur Genève, obtenant notamment le témoignage de l’ancien directeur de la Banque cantonale de Genève en France. Ce dernier accusait l’établissement helvétique n’avoir blanchi de l’argent dans la région Rhône-Alpes :
Cette fois la délégation tricolore s’est rendue à Zurich, Lugano et Berne. » l existait encore des choses qui ne nous semblaient pas claires», souligne le rapporteur de la mission parlementaire. En d’autres termes, les députés français souhaitaient confronter la théorie – c’est-à-dire les lois suisses, apparemment fort efficaces contre le blanchiment des capitaux – et la réalité.
L’affaire Abacha, du nom de l’ancien dictateur du Nigeria, qui aurait détourné l’équivalent de 3 milliards de francs en trois ans, montre que la majorité des banques de la Confédération ne se seraient pas montrées très regardantes pour accepter ces capitaux.
Il reste à savoir si le rapport des parlementaires français sera aussi accablant sur la Suisse que ceux sur les paradis fiscaux qu’ils ont déjà visité.
Ian Hamel
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