Pas de pitié pour les violeurs d’enfants
Ouverture à Yokohama du 2e Congrès mondial contre l'exploitation sexuelle des enfants. Un crime à propos duquel la Suisse prône une tolérance zéro.
A l’ouverture des débats, qui doivent prendre fin jeudi, la princesse Hisako Takamado n’a pas mâché ses mots. Elle a comparé la pédophilie et le trafic d’enfants au terrorisme. Une comparaison déjà maintes fois utilisée, entre autres par la directrice de l’UNICEF.
En effet, pour Carol Bellamy, «l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales n’est rien d’autre qu’une forme de terrorisme, qui détruit sans scrupule des jeunes vies et leur avenir».
Un million de victimes
Surfant décidément sur l’air du temps, la Suisse parle, elle, de tolérance zéro face à ce crime dont seraient victimes plus d’un million d’enfants, selon les estimations fournies par les organisateurs du congrès.
Quelques 3300 participants, dont 132 délégations gouvernementales, vont donc plancher pendant quelques jours sur les moyens de renforcer la lutte contre la prostitution et la pornographie enfantines.
Mais, auparavant, la conférence va d’abord tirer le bilan des actions menées depuis le 1er Congrès mondial consacré à ce véritable fléau, à Stockholm en 1996.
Selon la porte-parole du Congrès June Kane, 17 pays – dont la Suisse – ont déjà adopté un législation qui permet de juger des pédophiles dans leur pays d’origine, même s’ils ont agit ailleurs. Et une trentaine d’autres pays ont mis en place des programmes ou des lois contre la prostitution et la pornographie enfantine.
Industrie florissante
A la tête de la délégation helvétique, l’ambassadeur Jean-François Giovannini pense que la Suisse devrait renforcer les mesures déjà prises. Il estime, entre autres, que la détention de matériel pornographique mettant en scène des enfants devrait être punissable.
Ce commerce sordide est toujours florissant. Il s’est même considérablement développé depuis cinq ans. En 1996, à lui seul, le Japon fournissait 80 % des films pornographiques impliquant des mineurs. Aujourd’hui, cette production provient essentiellement de Russie, de Chypre, de Taiwan et des Etats-Unis. Le Japon n’arrive, lui, plus qu’en 5e position.
Frédéric Burnand
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