Pas de salut parlementaire pour les sans-papiers
Le Conseil national refuse une régularisation collective des sans-papiers. Sur le terrain, les syndicats menacent de durcir encore le ton.
Comme prévu, le salut n’est pas venu du parlement. Après le Conseil des Etats jeudi, les conseillers nationaux ont à leur tour refusé lundi une série de motions émanant des rangs rose-vert.
Logique arbitraire
Les représentants de la gauche ont plaidé en vain pour une régularisation collective. Ce serait en effet la solution la plus humaine et la plus juste. Une solution d’ailleurs adoptée par plusieurs pays européens, comme l’a rappelé le popiste vaudois Josef Zisyadis.
La proposition du gouvernement d’accorder des autorisations au cas par cas n’a pas les faveurs de la gauche. «Sans critères fixés dans une ordonnance, la logique du cas par cas tourne à l’arbitraire», a dénoncé l’écologiste vaudoise Anne-Catherine Ménétrey-Savary.
Les représentants de la droite n’ont, en revanche, rien voulu entendre d’une régularisation collective. L’UDC, notamment, est d’avis que ce serait la porte ouverte à tous les abus.
Une porte entrouverte
Mais, à droite également, le sort des sans-papiers ne laisse pas indifférent. Ainsi, pour le libéral vaudois Claude Ruey, on ne peut pas ignorer le sort de dizaines de milliers de personnes qui participent au développement économique de la Suisse. «On ne peut pas se contenter de dire: la loi c’est la loi», a-t-il déclaré à la tribune.
Les députés ont donc laissé une porte entrouverte. Une majorité regroupant la gauche et une partie de la droite a ainsi demandé, dans un postulat, de trouver une solution aux problèmes des jeunes clandestins qui ont effectué leur scolarité obligatoire en Suisse.
Maintenir la pression
La décision du parlement constitue bien sûr une déception pour la Coordination suisse des collectifs de sans-papiers. Mais ce n’est qu’un demi-échec. En effet, le fait que le parlement se penche enfin sur le sort des illégaux constitue déjà une victoire.
Mais les collectifs ne veulent pas s’en tenir là. Lundi, ils ont annoncé qu’ils dévoileront, avec l’aide des syndicats, «la complicité des entreprises et des politiciens dans l’exploitation des illégaux».
Membre du secrétariat du Syndicat industrie et bâtiment (SIB) et ancien sans-papier, le Portugais Manuel Beja a indiqué que les milieux syndicaux planchaient sur des stratégies de défense des travailleurs au noir.
Le Collectif romand des sans-papiers et les syndicats SIB et Comedia ont décidé en fin de semaine de renforcer les liens entre la lutte des sans-papiers et les mouvements sociaux. Les syndicats se battent, en effet, «pour l’extension des droits de l’ensemble de salariés».
Déjà six mois
Le mouvement pour la régularisation des sans-papiers a commencé cet été à Lausanne puis à Fribourg avec des occupations d’églises. Le mouvement s’est depuis étendu à l’ensemble du pays (Berne, Bâle, Zurich, La Chaux-de-Fonds et Genève).
swissinfo avec les agences
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