Prison ferme pour un pédophile suisse
Fondateur de «l'instinctothérapie», un Suisse a été condamné jeudi à 15 ans de prison en France pour viols sur des enfants et des adolescents.
Agé de 67 ans, G-C. B. a commis ses viols au château de Montramé à Soisy-Bouy, près de Provins (à l’est de Paris), où se trouve son établissement d’«instinctothérapie» classé parmi les sectes par les autorités françaises.
Le tribunal de la Cour d’assises de Seine-et-Marne, en région parisienne, n’a donc pas cru les explications de ce ressortissant suisse qui prône les relations sexuelles entre adultes et enfants, tout en affirmant ne plus les mettre en pratique.
Un sourire courtois
G-C. B. a été reconnu coupable de viols sur une fillette, Audrey, âgée de 10 ans et demi à l’époque et qui partageait souvent son lit, d’avoir violé une jeune fille, Sarah, 16 ans, et d’avoir incité des mineurs à la débauche à Montramé.
Ses avocats ont immédiatement annoncé leur intention de faire appel. Son co-accusé, J-C. R., 34 ans, a été condamné à 5 ans de prison pour complicité de viols, pour avoir obligé sa petite amie, Sarah, à avoir des relations sexuelles avec le fondateur de «l’instinctothérapie».¨
Sarah, âgée maintenant de 31 ans, avait reconnu les relations sexuelles contraintes lors de l’instruction avant de se rétracter. Elle est retournée vivre à Montramé.
A l’énoncé du verdict, G-C. B., incarcéré depuis quatre ans et demi, ne s’est pas départi du sourire courtois qu’il affichait depuis le début du procès, le 22 novembre.
Parlant d’un homme «manipulateur» et «inamendable», l’avocate générale avait requis mercredi 15 ans de prison contre lui, soulignant que G-C. B. est «intelligent», «cultivé», et que, déjà condamné deux fois en Suisse pour des faits similaires, il aurait dû «avoir la pleine conscience de la gravité et du caractère répréhensible de ses actes».
De son côté, la défense avait plaidé l’acquittement au bénéfice du doute, estimant que les accusations ne reposaient que sur des «ragots» ou les «affabulations» d’Audrey.
Mais, tout en plaidant l’innocence, Me Thierry Lévy a expliqué que «la cause de G-C. B. est perdue pour un ensemble de raisons qui n’ont que peu de rapport avec l’affaire et dont certaines ne la concernent pas».
Déjà condamné en Suisse
L’avocat a énuméré plusieurs raisons «qui rendent inévitable la condamnation» de son client: les combats actuels contre la pédophilie, contre les sectes, les précédentes condamnations de G-C.B. pour des faits de pédophilie en Suisse, ses idées sur la sexualité entre adultes et enfants.
Me Olivier Morice, avocat d’Audrey, s’est félicité du verdict à l’encontre «du gourou de la secte de Montramé», insistant sur l’importance des deux condamnations pour les viols sur Sarah. «Sarah qui vit toujours dans la secte», a-t-il ajouté.
A ses côtés, la tête couverte d’un foulard pour ne pas être reconnue, Audrey, visiblement en larmes, n’a pas souhaité s’exprimer.
L’instinctothérapie, alimentation basée sur le cru (viande, poisson, fruits et légumes non épluchés, non assaisonnées), mise au point par G-C. B. est considérée comme une secte, selon un rapport parlementaire sur les sectes et l’argent.
swissinfo avec les agences
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