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Procès Sasea: une absence suisse remarquée

La justice française a émis un mandat d'arrêt contre le mari de l'ancienne maire de Genève, Rodolphe Rossi. Mais elle semble avoir oublié de le convoquer à son procès.

Le poids du silence. Voilà la réflexion qui a plané jeudi et vendredi à Paris lors du procès sur les opérations réalisées par Sointra, une filiale française de la société financière genevoise Sasea, en faillite depuis 1992.

Dès le début de l’audience, le décor était planté suite à la défection de Rodolphe Rossi. «Cité à comparaître, absent et sous le coup d’un mandat d’arrêt. Il sera jugé par défaut», a égrené la juge Anny Dauvillaire.

Rappelons que c’est dans le cadre de la vente de 205 000 tonnes de blé au Yémen que la justice parisienne a inculpé deux PDG de Sointra, Roland Chamak et Rodolphe Rossi, le mari de Madeleine Rossi, l’ancienne responsable des Finances de la Ville de Genève.

La justice française leur reproche des surfacturations pour un total de 841 658 dollars effectuées via deux sociétés écrans basées à Genève, et une escroquerie de 33 millions de dollars aux dépens de la Coface, un organisme qui assure les risques à l’exportation.

Bouc émissaire

C’est bien connu, les absents ont toujours tort. «La non-comparution de Rodolphe Rossi a arrangé beaucoup de monde et a permis à certains prévenus de lui imputer la responsabilité de la gestion de Sointra et des éventuelles infractions», estime un proche du dossier. Roland Chamak considère que Sasea et ses représentants donnaient les ordres. Les cinq mis en examen ont donc plaidé la relaxe.

Le procureur de la République François Franchi n’est pas du même avis. Il a demandé dans son réquisitoire que la cour privilégie des condamnations avec de forts dommages et intérêts plutôt que des peines de prison. En revanche, du fait de son absence, il exige une peine d’emprisonnement pour M. Rossi.

Le procureur Franchi confirme que Rodolphe Rossi est sous le coup d’un mandat d’arrêt international. «Je veux qu’il s’explique sur cette affaire, il aurait probablement eu une autre version que celle entendue lors du procès», lance le magistrat. Il ajoute que la loi française autorise un inculpé à se faire représenter par un avocat sans pour autant être présent.

Accusations infondées

Reste à savoir si la justice parisienne a vraiment fait son devoir pour convoquer Rodolphe Rossi. Ce dernier est scandalisé: «je n’ai jamais été informé de ce procès, on me salit sans que je puisse me défendre, c’est inadmissible. En plus, je n’ai rien à me reprocher, c’est même Sasea qui a demandé à Roland Chamak d’arrêter les livraisons au Yémen.»

Rappelons qu’à Genève, seul le patron de Sasea, Florio Fiorini, a été condamné pour la banqueroute de sa société. En revanche, le Tribunal de police a acquitté en 1998 des anciens dirigeants, dont Rodolphe Rossi. La juge française Dauvillaire, elle, rendra son verdict le 12 avril prochain.

Luigino Canal

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