Réfugiés rwandais en Suisse: la porte de l’asile se referme
La Suisse change de politique à l’égard des réfugiés rwandais. Ceux dont la demande d’asile avait été refusée bénéficiaient jusqu’ici d’un accueil provisoire. Cette pratique est désormais abandonnée, mais les 160 dossiers seront réexaminés un à un.
La Suisse change de politique à l’égard des réfugiés rwandais. Ceux dont la demande d’asile avait été refusée bénéficiaient jusqu’ici d’un accueil provisoire. Cette pratique est désormais abandonnée, mais les 160 dossiers seront réexaminés un à un.
Depuis 1994, année du génocide qui au Rwanda a causé la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes et envoyé en exil des centaines de milliers d’autres, quelque 500 Rwandais ont demandé l’asile en Suisse. Un quart d’entre eux environ l’ont obtenu. Mais comme la situation intérieure au Rwanda ne permettait pas d’envisager raisonnablement que les autres puissent s’en retourner chez eux sans danger, on s’est montré compréhensif et les requérants déboutés ont bénéficié d’une autorisation de séjour provisoire.
Entre temps l’Office fédéral des réfugiés (ODR) a refait un état des lieux de ce pays de l’Afrique des Grands Lacs. Il en a conclu que cette pratique d’exception pouvait être aujourd’hui abandonnée. L’an dernier, quelque 30’000 Rwandais ont regagné leur terre natale. Ils ont certes été contrôlés par les services d’immigration, mais, précise l’ODR, «aucune organisation humanitaire n’a relevé d’abus dans le cadre de ces interrogatoires de routine». La Suisse estime donc que les conditions cadres de retour au Rwanda sont désormais remplies, au plan administratif et sécuritaire comme au plan de la réinsertion économique et sociale.
Cette décision concerne directement quelque 160 personnes, dont un nombre important d’anciens étudiants qui avaient demandé l’asile au moment où leur autorisation de séjour pour études arrivait à échéance. Dans un premier temps, chacun de ces cas sera réexaminé de manière individuelle. Il ne s’agit donc pas, selon l’ODR, d’une décision de renvoi collectif semblable à celle qui a été appliquée à bon nombre de réfugiés kosovars: ils avaient été hébergés, eux, ensemble et provisoirement. Dans un second temps, la Suisse s’assurera que ces personnes n’encourent pas de risques personnels en regagnant le Rwanda.
Plusieurs pays occidentaux – l’Allemagne et les États-Unis notamment – ont déjà depuis plusieurs mois révisé leurs pratiques dans le même sens. En Belgique et en France par contre, où le nombre de réfugiés rwandais était plus conséquent, le taux d’acceptation des demandes d’asile semble deux ou trois fois plus élevé qu’en Suisse. A l’ODR, on l’explique par les raisons historiques, lointaines ou récentes, qui lient ces deux pays au Rwanda.
Bernard Weissbrodt
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