Reconstruction de l’Afghanistan: de la parole aux actes
Une conférence sur la reconstruction de l'Afghanistan s'ouvre lundi à Tokyo. La Suisse est aux premières loges.
A Tokyo, estime Reto Wieser de la Direction du développement et de la coopération (DDC), il s’agit avant tout de renforcer la volonté affichée par la communauté internationale. D’où une conférence sur la reconstruction de l’Afghanistan, à l’initiative des Etats-Unis et du Japon.
«Il y a urgence, estime le représentant de la Suisse. Après les déclarations d’intention, il faut agir. Et il est important que la Suisse soit dans le coup.»
Des milliers de fonctionnaires à payer
25 milliards de francs sur dix ans. C’est, grosso modo, ce que va coûter la reconstruction. Pour le moment, l’Afghanistan a besoin d’une aide humanitaire d’urgence pour pouvoir affronter l’hiver (nourriture, médicaments, etc).
Ensuite, à moyen terme, «il va falloir remettre le système de santé et la formation sur les rails», explique l’ambassadeur de Suisse au Pakistan, qui vient d’effectuer une courte visite à Kaboul. De plus, ajoute Christian Dunant, «les femmes doivent pouvoir retravailler le plus rapidement possible».
Autre préoccupation du gouvernement de transition: le paiement de ses fonctionnaires. «Si les nouvelles autorités veulent asseoir leur crédibilité, confirme Ahmed Fawzi, porte-parole de Lakhdar Brahimi, le représentant spécial de l’ONU pour l’Afghanistan, elles doivent être en mesure de régler les salaires des employés de l’Etat.»
Signe positif, le Conseil de sécurité des Nations Unies vient de lever les sanctions qui paralysaient la banque centrale afghane. «Les autorités doivent pouvoir disposer de l’argent qui avait été gelé», commente Othmar Wyss du Secrétariat à l’économie (SECO).
Soutien suisse au CICR et au HCR
Une décision bienvenue, mais de loin pas suffisante. Raison pour laquelle la communauté internationale doit se mobiliser. A l’instar de la Suisse qui prévoit d’ores et déjà de consacrer 17,5 millions de francs à la reconstruction de l’Afghanistan. Pour soutenir des projets du CICR et du HCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés).
Berne a d’ailleurs transféré, le 11 janvier, les 400 000 premiers francs de cette aide. Du coup, selon l’ambassadeur Dunant, la Suisse est devenue le tout premier pays – parmi les principaux donateurs – à avoir concrétisé ses promesses d’aide.
Felix Münger avec les agences
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