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Sabine qui rit, Anita qui pleure

Sabine Fischer (à gauche), aux côtés de la Roumaine Masterkova: qualification-surprise. Keystone

Les demi-finales du 1500 m olympique n´ont pas été ordinaires pour les Suissesses. Sabine Fischer, qui n´avait réussi qu´une seule fois la limite qualificative, s´est hissée en finale au temps. Anita Weyermann, en revanche, a sombré.

«J’ai fait ce que j’ai pu. Mais je n’avais plus de force, avouait Anita Weyermann. Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé après la cloche». Chronométrée en… 85 secondes sur son dernier 400, la Bernoise a montré à Sydney une piètre image de la championne qui avait enlevé la médaille de bronze aux Mondiaux d’Athènes il y a trois ans. Anita a craqué dans le dernier tour de la deuxième demi-finale pour terminer douzième et dernière en 4’30″80.

«Je voulais disputer ces Jeux à tout prix. Même si je n’étais pas préparée comme j’aurais dû l’être», poursuivait Anita Weyermann. La Bernoise sait qu’elle a payé dans cette demi-finale tous les problèmes qu’elle a rencontrés ces douze derniers mois: une opération au genou, une opération au coude et la séparation d’avec son père qui l’entraînait depuis toujours.

A 22 ans et demi, Anita Weyermann ne jouait heureusement pas sa carrière à quitte ou double à Sydney. La Bernoise affirme être capable de rebondir. Elle partira trois semaines en vacances avant de reprendre l’entraînement à Canberra, en compagnie d’André Bucher. Elle restera en Australie jusqu’au mois de décembre.

Sabine Fischer, quant à elle, ne pourra pas se permettre le luxe de séjourner aussi longtemps aux antipodes. Occupant un poste d’institutrice à 70 pour cent, à Jona, elle doit retrouver bientôt ses élèves de première enfantine. Elle pourra leur raconter une belle histoire avec cette qualification pour la finale qui constitue une véritable sensation. «Ce matin, j’avais les jambes très lourdes. Je ne pensais pas être capable de m’en sortir, expliquait la protégée de Cornelia Bürki. D’autant plus que la course est partie beaucoup trop lentement. J’avais peur de ne pas être en mesure de réagir quand elle allait s’emballer à la cloche».

La St-Galloise n’a pourtant pas craqué lors des 400 derniers mètres. Longtemps, on a cru qu’elle aurait pu se qualifier directement en prenant l’une des cinq premières places. Mais elle était débordée dans la ligne droite par la Polonaise Chojecka et la Britannique Holmes. Elle conservait toutefois une marge confortable sur la huitième, l’Australienne Crowley. Elle est donc la seconde
qualifiée au temps, en 4’06»67, derrière l’Américaine Maria Runyan (4’06″14).

swissinfo avec les agences

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