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Ski: les limites du chronométrage

Les trois gagnantes du premier géant de la saison. Keystone

Interpellés après le slalom de Soelden, Swisstiming et Tag Heuer s'expliquent sur les limites du chronométrage dans les compétitions de ski.

Le centième de seconde n’a pas pu départager les trois gagnantes. Le millième ne réglerait pas le problème.

Etonnement dans le monde du Cirque blanc. Le podium du premier slalom géant dames de l’hiver 2002-2003 a créé la sensation.

Trois skieuses – la Norvégienne Andrine Flemmen, la Slovène Tina Maze et l’Autrichienne Nicole Hosp – se sont en effet partagées les honneurs de la victoire.

Sur les pentes du glacier de Rettenbach en Autriche, elles ont franchi la ligne d’arrivée dans le même temps au centième près.

Une première historique

Une première dans l’histoire de la Coupe du monde – compétitions hommes et femmes confondues – en 35 ans d’existence. La date du 26 octobre 2002 restera donc dans les annales.

Jusqu’ici, seuls dix succès avaient été partagés entre deux compétiteurs en Coupe du monde. A l’exemple de la victoire en duo de Maria Walliser et Vreni Schneider en 1987 dans le Super-G de Sarajevo.

«Nous nous attendions à vivre un jour une telle situation», analyse calmement Francesco Cattaneo, IT manager de la Fédération internationale de ski (FIS).

Avant d’ajouter: «Pour l’instant les règlements de la FIS sont clairs. Le chronométrage se fait au centième de seconde. Nous n’envisageons pas de descendre au millième de seconde car il y a des questions de précision dans la capture du temps qui ne sont mécaniquement pas encore possibles.»

Des calculs déjà effectués au millième!

Pourtant, le calcul des temps des skieurs et des skieuses en millième est en vigueur depuis une bonne dizaine d’années. Une amélioration rendue nécessaire au vu des performances toujours plus pointues des sportifs d’élite.

«Pour plus de précision, les temps sont effectivement enregistrés au millième de seconde», confirment en cœur Serge Carnal et Jean Campiche.

Mais les responsables du chronométrage de Swisstiming et Tag Heuer nuancent tout de suite leur propos: «Au moment des calculs finaux, et conformément au règlement de la FIS, le dernier chiffre n’est pas pris en compte.»

Spécialisées dans le domaine sportif, les deux firmes horlogères suisses assurent le chronométrage des épreuves de ski depuis de nombreuses années.

A l’heure actuelle, la firme de Saint-Imier (Swisstiming), entité particulière de Swatch group née d’une fusion de deux départements de Longines et Oméga, est active lors des épreuves de Coupe du monde.

Celle de Marin (Tag Heuer), possède des contrats pour tous les prochains Jeux olympiques et Championnats du monde jusqu’en 2010.

La précision a ses limites

Leur compétence et la précision de leur chronométrage sont reconnus. A la pointe dans ce domaine, elles admettent pourtant leur limite de saisies temporelle effectuées au millième.

«Cela demanderait d’assurer le chronométrage au dix millième de seconde, explique encore Serge Carnal. Et cela est très difficile à garantir, surtout dans une discipline telle que le ski.»

Car les problèmes sont multiples. Ainsi en est-il du déclenchement mécanique problématique du portillon de départ, de la manière dont les concurrents coupent la cellule sur la ligne d’arrivée, sans oublier les changements de température et de neige.

«Il faut admettre qu’à un certain moment, la précision n’est plus possible», ajoute sagement Jean Campiche. A défaut d’accepter ce constat, c’est toute la philosophie d’un sport qui pourrait être remise en question. Mais, dit-on, «on n’arrête pas le progrès…».

swissinfo/Mathias Froidevaux

– Lors des 36 éditions précédentes de la Coupe du monde de ski alpin, seules 10 victoires ont été partagées mais entre deux athlètes: trois fois chez les hommes et sept fois chez les dames
– Concernant les Suisses, Daniel Mahrer avait partagé sa victoire au Super-G de Furano en 1985 avec l’Australien Steven Lee
– Chez les dames, Heidi Zurbriggen avait remporté la descente de Cortina d’Ampezzo en 1997 avec l’Italienne Isolde Kostner
– Maria Walliser et Vreni Schneider avaient gagné ensemble le Super-G de 1987 à Sarajevo
– Enfin en 2002 Marlies Oester était montée sur la plus haute marche du slalom de Berchtesgaden en 2002 en compagnie de l’Américaine Kristina Koznick

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