Souffle de libéralisme sur le cinéma
La Suisse disposera d'une loi sur le cinéma très libérale. Les professionnels de la branche seront responsables de la qualité et de la variété de l'offre.
Le Conseil national a adopté lundi la loi sur le cinéma par 120 voix contre 25. Il a repris tel quel le compromis élaboré par le Conseil des Etats. Dans un premier temps, la Chambre des cantons avait renvoyé la loi, la jugeant trop interventionniste.
Même si le texte a été passablement corrigé pour tenir compte des desiderata des milieux concernés, le but demeure la promotion de la diversité et de la qualité de l’offre cinématographique, ainsi que le soutien à la création de films, a souligné la conseillère fédérale Ruth Dreifuss.
Autorégulation
Mais les entreprises de distribution et de projection pourront s’organiser à leur guise pour garantir ces objectifs. La Suisse aura ainsi une des lois les plus libérales en matière de cinéma.
Exit l’interventionnisme de l’Etat, le Département fédéral de l’intérieur pourra seulement prendre position sur les mesures prévues par la branche pour assurer la diversité de l’offre et celle des langues et non les imposer. Ensuite, l’Office de la culture évaluera périodiquement le respect des conditions posées.
S’il constate que l’offre n’est pas diversifiée dans une région, il invitera les distributeurs et les propriétaires de cinémas à renverser la vapeur «dans un délai raisonnable». Mais si cela ne suffit pas à rétablir la situation, la Confédération pourra introduire une taxe maximale de 2 francs par entrée dans la région concernée.
La loi est donc beaucoup plus libérale que le texte actuel, mais permettra quand même aux spectateurs de ne pas devoir consommer que des grandes productions américaines, selon Mme Dreifuss.
L’Union démocratique du centre (UDC) a tenté malgré tout de supprimer les mesures pour garantir la diversité des films projetés et de spécifier que seule la création helvétique devrait être soutenue.
Il n’est pas question de museler les spectateurs en leur imposant des films dont ils ne veulent pas, a affirmé Christoph Mörgeli (UDC/ZH). Toutes ses propositions, qui visaient aussi à éliminer la possibilité d’introduire une taxe, ont toutefois été balayées à plus de quatre contre un.
Aide financière
La gauche a plaidé de son côté pour l’octroi de moyens supplémentaires à la création. Le Danemark investit chaque année quelque 70 millions de dollars dans le cinéma, alors que la Suisse se contente de 17 millions de francs, a critiqué Hans Widmer (PS/LU). La question sera débattue à nouveau avec le budget 2002 de la Confédération.
En ce qui concerne l’encouragement du cinéma, la loi introduit définitivement le système de l’aide financière liée au succès des films, qui «a fait ses preuves», aux yeux de Ruth Dreifuss. Autre critère pour obtenir le soutien fédéral, la qualité.
swissinfo avec les agences
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