Swissair: les syndicats durcissent le ton
Devant l'absence de garanties sur le financement d'un plan social, le personnel pourrait décider de se remettre en grève. Décision lundi.
«Il est grand temps de prendre ses responsabilités», clame Rémy Pagani, secrétaire romand du Syndicat suisse des services publics (SSP). «Les pseudo-décisions sorties de la session des Chambres fédérales ne font que renforcer la certitude que l’on évacue la dimension protectrice des conventions collectives (CCT).»
Nouvelles grèves?
Le Parlement a décidé ce week-end de suivre le Conseil fédéral dans son choix de verser 2,1 milliards de francs pour la poursuite des vols Swissair jusqu’à fin mars et la création de la nouvelle Crossair. En revanche, pas un sou n’ira au financement du plan social.
Lundi, le personnel, qui se réunit en assemblées à Zurich et Genève, décidera de son action future. Swissair et Crossair pourraient alors à nouveau être paralysées. Par des grèves cette fois-ci.
Mais une division risque d’apparaître une nouvelle fois entre Romands et Alémaniques sur les moyens à appliquer. Du côté de Zurich, les syndicats ont jusque-là adopté une attitude plus réservée, préférant ne pas mettre en péril la poursuite d’une partie des activités de Swissair par Crossair.
Pour Rémy Pagani, une divergence d’approche ne serait pas «grave», dans la mesure où chacune des sections a sa liberté et son autonomie. Du côté de Genève, le SSP et le Personal Union SAir Holding (PUSH) ont rédigé un tract qui présente sept revendications, notamment le respect des CCT.
Lutter contre le mépris
Le document exige entre autres la mise en place par le Conseil fédéral d’un organe de surveillance au sein de la nouvelle Crossair. Il mentionne également son engagement dans la construction d’un véritable service public dans le transport aérien.
Pour mémoire, les syndicats exigent au minimum 200 millions de francs pour le financement du plan social, soit 150 millions pour les quelque 4500 employés licenciés et 50 à 60 millions pour les pré-retraités. Il y a quelques jours encore, syndicats romands et alémaniques s’étaient élevés contre l’attitude «méprisante» de la Confédération.
swissinfo avec les agences
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