Swissair sur le banc des accusés
Tristesse et volonté de connaître les responsables de la faillite de Sabena. Ce sont les sentiments qui dominent en Belgique. Swissair montrée du doigt.
Le dernier avion Sabena a regagné les hangars, sur l’aéroport de Zaventem, à Bruxelles. Et tout comme en Suisse, avec la déroute de Swissair, la Belgique est touchée dans sa chair par la fin de la Sabena.
«Ce matin, je ne me sens plus belge, c’est fini.» Ce banquier vivant en France est déçu, dépité et triste. Avec la faillite de Sabena, c’est un peu de sa belgitude qui vient de disparaître.
Un traumatisme national
La Libre Belgique résume bien ce sentiment. «La Sabena a non seulement été notre ambassadeur le plus prestigieux, mais elle était aussi une part de nous-mêmes, présente sous toutes les latitudes», écrit le journal qui parle de traumatisme. «Ce matin, c’est un peu chaque Belge qui rate son décollage et se casse moralement la figure.»
A côté de la tristesse, un autre sentiment est omniprésent au lendemain de la faillite: l’envie de connaître les responsables de la débâcle. Accusé numéro un: Swissair, qui «a sans doute porté le coup de grâce à Sabena», analyse Le Soir.
De son côté le quotidien flamand De Morgen cite sur sept colonnes cette accusation lancée par Pierre Godfroid, dernier président belge de la compagnie: «les Suisses ont pompé un milliard trois cent millions de francs suisses hors de Sabena».
La justice enquête
Pour l’ancien dirigeant, Swissair a vidé les caisses de la compagnie avec l’assentiment du gouvernement belge qui regardait ailleurs. Le gouvernement est donc aussi présent sur le banc des accusés.
La justice enquête: plusieurs perquisitions ont été menées mardi soir suite à la plainte au pénal d’un syndicaliste maison. La Libre Belgique réclame la création d’une commission d’enquête parlementaire pour «rechercher toutes les causes du gâchis sabénien».
Alain Franco, Bruxelles
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