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Terrorisme: la contre-attaque a commencé

Comme pendant la Guerre du Golfe, l'US Navy utilise ses missiles Tomahawk. Keystone Archive

Le président américain George Bush a déclaré la guerre totale au terrorisme. Des avions, des navires et des sous-marins américains et britanniques ont bombardé dimanche les villes-clé d'Afghanistan. La Suisse se prononce pour des frappes proportionnées qui tiennent compte des populations civiles.

Il s’agit de la première action militaire de l’opération baptisée «Liberté immuable».

S’adressant aux américains, le président George Bush a précisé que ces frappes visaient des camps militaires du chef islamiste Oussama ben Laden et de ses protecteurs, la milice des Taliban au pouvoir à Kaboul.

«Les Taliban vont payer le prix»

Le chef de la Maison Blanche a rappelé que les Taliban n’avaient pas fermé les camps d’entraînement terroristes. Et, surtout, qu’ils avaient refusé de livrer Oussama ben Laden, qui est tenu pour responsable des attaques suicide du 11 septembre contre les Etats-Unis.

«Aucune de ces demandes n’a été satisfaite, a rappelé George Bush. Et, aujourd’hui, les Taliban vont payer le prix.»

Cette première opération a été lancée alors que les Etats-Unis ont commencé un déploiement militaire en Ouzbékistan, aux confins du nord de l’Afghanistan.

Les cibles visées

Selon des informations partielles, les cibles visées se trouvent près de la capitale afghane Kaboul, notamment l’aéroport. Et à Kandahar, place forte des Taliban, dans le sud de l’Afghanistan.

Des explosions ont aussi été entendues et des incendies aperçus à l’aéroport de Mazar-e-Sharif, dans le nord de l’Afghanistan, selon des responsables de l’opposition afghane.

Toujours selon l’opposition afghane, les frappes auraient également touché des sites militaires Taliban à Jalalabad dans l’Est du pays, à Farah (ouest) et à Kunduz à la frontière du Tadjikistan (nord).

A Islamabad, au Pakistan voisin, l’ambassadeur des Taliban aussitôt assuré qu’Oussama ben Laden et le chef des Taliban, le mollah Omar étaient vivants.

Dans un message vidéo préenregistré – diffusé dimanche soir par al-Jazira TV – Oussama ben Laden a promis aux Etats-Unis de «ne plus jamais connaître la sécurité».

Le soutien de Londres

De son côté, à Londres, le Premier ministre britannique Tony Blair est intervenu à la télévision pour annoncer la participation du Royaume-uni à cette opération.

Pour le moment, la Grande-Bretagne est le seul pays à avoir apporté un soutien militaire concret aux Américains. «Des sous-marins lanceurs de missiles sont en action, a précisé Tony Blair. L’appui aérien sera prêt à être utilisé dans les prochains jours.»

Le Pakistan, pays clef du dispositif anti-terroriste américain et dont la rupture avec les Taliban a été cruciale, a souhaité que les opérations entamées soient de courte durée. Quant à l’Inde, elle soutient cette opération. Moscou également. Le Kremlin estime qu’il «est temps d’agir» contre le terrorisme, selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

Pour sa part, l’ex-roi d’Afghanistan Mohamed Zaher Shah a reconnu «le droit légitime des Etats-Unis de poursuivre les coupables de l’attaque du 11 septembre» tout en demandant «au gouvernement américain et à ses alliés de respecter l’intégrité territoriale de l’Afghanistan, la sécurité et la vie de son peuple innocent».

La France prête à engager ses soldats

Le président français Jacques Chirac a confirmé, de son côté, que des forces françaises participeraient aux opérations militaires. Et le chancelier allemand Gerhard Schroeder a assuré le président Bush du «soutien sans restrictions» de l’Allemagne. Enfin, le président du conseil italien Silvio Berlusconi a souligné que l’Italie était «aux côtés des Etats-Unis et de tous ceux qui sont engagés dans la lutte contre le terrorisme.»

En Italie, des manifestations pacifistes ont été improvisées dimanche soir dans dans plusieurs grandes villes pour protester contre l’attaque aérienne américaine sur l’Afghanistan. Elles ont rassemblé chacune au moins une centaine de personnes.

La Suisse inquiète

La Suisse suit l’évolution de la situation avec attention et inquiétude. Au nom du Conseil fédéral, Joseph Deiss s’est prononcé pour des frappes proportionnées qui tiennent compte des populations civiles.

«Nous avons toujours estimé que le terrorisme massif justifiait une intervention décidée et ciblée pour éviter toute nouvelle catastrophe», a déclaré le chef du Département fédéral des affaires étrangères sur les ondes de la TSR. Le terrorisme est une menace pour tous les pays.»

swissinfo avec les agences

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