TIPH: l’enquête piétine
Un mois après l'assassinat de deux observateurs, dont une Suissesse, à Hébron, Berne va envoyer une demande d'entraide judiciaire à Israël.
L’enquête, promise des deux côtés – israélien et palestinien – se poursuit, mais elle n’a apparemment pas donné pour l’instant de résultats probants.
Le procureur général de la Confédération Valentin Roschacher va envoyer à Israël une demande d’entraide judiciaire, a indiqué la porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères.
Il s’agit d’une demande formelle qui permettra aux autorités suisses d’en savoir en peu plus sur l’avancement des investigations, a expliqué Muriel Berset Kohen.
L’espoir existe réellement pour Berne d’établir la vérité. «Sinon, nous n’enverrions pas de demande d’entraide judiciaire».
Dénégations palestiniennes
Le 26 mars dernier, trois membres de la TIPH (Présence internationale temporaire à Hébron), une Suissesse, Catherine Berruex, et deux Turcs, se rendaient à bord de leur véhicule dans un pub de la ville israélienne de Beersheba lorsqu’ils ont été attaqués.
La Vaudoise et l’un des deux Turcs ne se sont pas relevés. Le survivant de l’attaque, blessé, a affirmé que le tireur portait un uniforme de la police palestinienne.
Israéliens et Palestiniens se sont rejeté la responsabilité de la tuerie. Selon l’armée israélienne, le véhicule des observateurs internationaux aurait été pris pour cible par erreur, malgré le sigle TIPH imprimé sur la carrosserie, par des Palestiniens embusqués près de la route régulièrement empruntée par des militaires israéliens et des colons.
La direction palestinienne a accusé quant à elle l’armée israélienne d’être entièrement responsable de la mort des deux observateurs.
C’est la première fois depuis la création de ce corps d’observateurs, fondé en 1994 après l’assassinat de 29 Palestiniens de Hébron par un fanatique juif, que des membres de la mission sont tués.
Effectif réduit
Une «Réunion des capitales» – rencontre de représentants des six pays participant à la mission – a eu lieu mercredi à Copenhague. Il y a été décidé que la TIPH restait en place, a indiqué vendredi à l’ats Muriel Berset Kohen.
Pour des raisons de sécurité, elle fonctionne toutefois depuis deux semaines en effectif réduit. La mission comptait jusqu’ici 85 observateurs – tous des civils non armés -, provenant de six pays européens: Danemark, Italie, Norvège, Turquie, Suède et Suisse.
Ils ne sont plus que 44, dont quatre Suisses sur les huit présents au départ. Les activités de la mission avaient été suspendues durant près de deux semaines.
swissinfo avec les agences
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