Un lundi en mémoire des victimes de la fusillade de Zoug
Les cloches des églises de Suisse vont sonner, lundi à midi, en signe de solidarité avec la population et les autorités zougoises. Dans la petite ville meurtrie, ils ont été 4000 à marcher samedi soir, flambeau à la main, en hommage aux victimes de la tuerie qui a fait au total 15 morts jeudi.
Toutes les manifestations culturelles et sportives ont été annulées ce week-end dans le canton. Les gens se sont joints à la marche pour exprimer leur tristesse et en parler ensemble, a indiqué, dimanche, au téléjournal de la TSR, l’une des organisatrices.
Minute de silence helvétique
La cérémonie religieuse officielle, elle, aura lieu lundi à 10h00, en l’église St-Michel de Zoug. Quelque 500 représentants des cantons, de la Confédération et des pays étrangers y sont attendus.
A 10h00 juste, les Suisses vont observer une minute de silence à l’appel du Conseil fédéral. Les cloches des églises vont sonner dans toute la Suisse, à l’issue de la cérémonie, à l’invitation de la Conférence des évêques et de la Fédération des Eglises protestantes.
Les personnes directement concernées par la tuerie bénéficient de séances de soutien psychologique, mises sur pied par la police zougoise. Sauveteurs, personnel hospitalier, politiciens, employés, témoins, journalistes, parents des victimes sont invités à ces debriefings tout au long de la semaine. La première rencontre a eu lieu samedi.
Corps des victimes
Les corps des quatorze victimes du tireur fou de Zoug ont été rendus par l’Institut de médecine légale et transférés samedi après-midi dans leurs communes de domicile. L’autopsie de l’auteur du massacre a commencé dimanche.
Le commandant de la police zougoise Urs Hürlimann a indiqué que l’enquête technique dans la salle du Parlement cantonal était également terminée. Il espère que de nouvelles informations sur le déroulement de la tragédie et sur l’auteur du carnage pourront bientôt être fournies.
Bilan des blessés
Treize des quinze blessés sont dans un état stable ou en voie d’amélioration, selon le dernier bilan de la police. Une personne se trouve toujours dans un état critique, une autre a quitté l’hôpital.
Ce drame laissera de profondes cicatrices, a déclaré, samedi, à la «Neue Zuger Zeitung» le conseiller d’Etat Robert Bisig, le seul membre du gouvernement à s’être sorti indemne de la fusillade avec sa collègue Ruth Schwerzmann. Il était directement visé par le forcené qui a crié son nom à plusieurs reprises en entrant dans la salle.
Les politiciens sont des paratonnerres, des figures de référence. C’est pourquoi il faudrait davantage prendre au sérieux les gens frustrés qui expriment leur rage face à des injustices par des lettres ou des téléphones, a déclaré, pour sa part, la conseillère fédérale Ruth Dreifuss au «Tages-Anzeiger».
Passage à l’acte
Le carnage de Zoug est l’oeuvre d’un fou, a-t-elle ajouté dans l’émission «Droit de Cité» de la TSR. Et plus important que de se demander comment protéger les politiciens, il faut se demander comment il a pu en arriver à un tel état de démence meurtrière.
Certains psychiatres pensent que les attentats d’il y a trois semaines aux Etats-Unis pourraient avoir joué un rôle dans le passage à l’acte du tireur de Zoug. Ces attentats peuvent sans doute abaisser le seuil de réactivité de gens déjà instables.
L’idée est déjà dans leur tête de manière latente, et tout à coup, la réalité rejoint leurs fantasmes. Ils se disent qu’ils peuvent aussi passer entrer en action, a déclaré au «Matin Dimanche» le docteur Gérard Nicolet, responsable de la psychiatrie judiciaire et pénitentiaire à Genève.
swissinfo avec les agences
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