Un millier de Suisses pour encourager Alinghi
A cause de vents trop violents, les demi-finales de la Coupe Louis Vuitton ont été reportées. Alinghi devait affronter lundi les Américains d'Oracle.
Côté supporters, seul un millier de Suisses devraient rejoindre Auckland. 3’000 étaient attendus.
En Nouvelle Zélande, le port d’Auckland s’électrifie. Lundi, les quatre bateaux restants de la Coupe Louis Vuitton voguent dans le cadre des demi-finales.
Alinghi affronte les Américains d’Oracle – invaincus depuis onze régates consécutives – impressionnants lors des quarts de finale: les hommes de Chris Dickson ont écrasé leurs compatriotes de OneWorld quatre manches à zéro.
Ce choc, que certains considèrent déjà comme une finale avant l’heure, promet une lutte intense et passionnée dans le golf d’Hauraki.
Sur le plan d’eau
Amarré à une centaine de mètres de la base suisse, un bateau jaune et blanc ressemble à un ferry rétréci. Tous les matins de régate, l’embarcation accueille des passagers détendus, à la mine réjouie.
Sur le toit, un pavillon domine les autres, celui d’Alinghi. Et lorsque l’on tend l’oreille, la langue est familière, l’accent du pays. Le bateau affrété par Fert Voyage, l’agence officielle d’Alinghi, accueille les supporters suisses venus encourager les leurs.
Ces amoureux de la voile ont traversé la planète pour voir régater le Class America noir aux flammes rouges. « C’est la passion du sport, la fierté d’être suisse et l’envie de découverte d’un autre pays qui m’a poussé à venir en Nouvelle-Zélande», explique ainsi Jean-Claude Bobs de Vevey.
La réticence helvétique
Toutefois, ce Vaudois fait aujourd’hui partie d’une minorité. Pour l’heure, les Suisses ne se sont pas enflammés à l’idée de se déplacer à Auckland, en Nouvelle-Zélande, pour suivre les régates.
«Nous avons moins de demandes que prévu», explique Stephan Desenger, un des représentants de Fert Voyage dans l’île du Pacifique sud. «Nous espérions mobiliser 3000 personnes sur toute la durée de la compétition et nous avons dû revoir nos attentes à la baisse.»
Désormais, l’agence de voyage table sur un millier de Suisses qui feront le déplacement. Deux raisons principales expliquent ces chiffres plutôt modestes: les distances sont conséquentes et le budget important.
Stephan Desenger note encore que les Suisses romands se sont montrés plus entreprenants dans l’aventure que les Alémaniques. «Il y a un réel intérêt dans notre pays pour cette compétition. Si la Coupe avait eu lieu en Méditerranée ou sur la côte Atlantique, les Suisses auraient été bien plus nombreux à se déplacer!»
Expérience inoubliable
Pourtant, une fois les 32 heures de vols avalées, le sourire se lit sur tous les visages des visiteurs. Ces observateurs privilégiés vivent la Coupe au cœur de son action.
Les Class America se livrent des combats sans merci à moins de 200 mètres des bateaux suiveurs. Il leur arrive même de slalomer parmi les embarcations de plaisance lors de la phase de pré-départ.
«C’est fabuleux, c’est un moment d’émotion très intense et unique. On en oublie nos heures de vols!», s’exclame la genevoise Myriam. Pour elle, il n’y a jamais eu l’ombre d’un doute sur sa venue dans l’hémisphère sud.
Au moment où Alinghi a arboré les couleurs de la Société Nautique de Genève, sa ferveur patriotique a dicté son voyage aux antipodes. Myriam a réalisé son rêve et repart en Suisse la tête pleine de souvenirs indélébiles. Peut-être reviendra-t-elle pour la grande finale…
swissinfo/François Egger à Auckland
Les deux premières régates des demi-finales de la Coupe Louis-Vuitton ont été annulées. Lundi, le vent soufflait trop fort dans la baie d’Hauraki à Auckland, en Nouvelle-Zélande. L’une des courses devait opposer Alinghi (CH) à Oracle (US).
A 13H05 locales (03H05 suisses), le vent soufflait à près de 21 noeuds. Alors que la limite autorisée est de 19 noeuds.
Cette limite correspond à des conditions de navigation a peu près semblables à celles qui devraient régner lors de la Coupe de l’America en février 2003, pour laquelle la Coupe Louis-Vuitton est qualificative.
Les deux régates de lundi devaient opposer le défi suisse Alinghi à l’Américain Oracle dans le Groupe 1 et l’Italien Prada à l’Américain OneWorld dans le Groupe 2.
Le vainqueur de la demi-finale du Groupe 1 au meilleur des 7 manches sera qualifié pour la finale. Le perdant affrontera en repêchage le gagnant de la seconde demi-finale du Groupe 2, également en sept manches, et dont le perdant sera éliminé.
Côté supporters, l’agence de voyage officielle d’Alinghi espérait la venue de près de 3 000 Suisses à Auckland. Mais elle a déjà dû revoir ses estimations à la baisse.
Ceux qui ont fait le voyage auront la chance d’assister aux duels que doivent se livrer les Class America à moins de deux cent mètres, sur des bateaux suiveurs.
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