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Un procès test pour UBS à Singapour

Anthony Wee accuse la banque suisse de l'avoir gravement lésé. Cet avocat à la retraite dit avoir perdu 17 millions de francs. UBS dément.

Ce procès est un test de crédibilité important pour la banque helvétique. UBS a été récemment montrée du doigt au Japon pour de graves erreurs lors de l’introduction en bourse du géant publicitaire japonais Dentsu.

Petite île-Etat de trois millions d’habitants, Singapour aime se comparer à un «David» face aux «Goliaths» de la finance mondiale. Et ses concitoyens font de même: depuis 1998, un procès oppose dans ce petit pays d’Asie du sud-est un avocat retraité, Anthony Wee, à UBS soutenue par une armada de conseillers juridiques.

Une même ligne de défense

Monsieur Wee, 73 ans, a officié durant 13 ans en tant que conseil pour la Bangkok Bank, le premier établissement bancaire thaïlandais. Il accuse UBS d’avoir opéré sans son accord une transaction de 17 millions de francs sur le marché des changes en janvier 1998, soit en pleine crise financière asiatique.

Les monnaies régionales avaient alors toutes dégringolé face au dollar et la transaction incriminée avait causé à Anthony Wee une perte d’environ 3 millions de dollars. Une nouvelle audience de ce procès fleuve vient de se tenir fin février.

UBS, pour sa part, n’a pas changé sa ligne de défense. La banque maintient avoir averti son client par fax, le 29 décembre 1997, de la transaction qu’elle s’apprêtait à réaliser.

Cette version des faits a d’ailleurs été partiellement étayée, lors de l’audience survenue ces jours-ci, par le plaignant lui-même. Ce dernier a reconnu avoir reçu à son domicile une visite de deux employés de la banque dans les premiers jours de janvier 1998. L’avocat singapourien prétend, lui, ne pas avoir eu «complète connaissance» des intentions d’UBS.

Cette affaire n’aurait pas grande importance si, dans le même temps, la réputation de la banque helvétique en Asie n’était pas soumise à rude épreuve.

Le 30 novembre, celle-ci a connu un coup de grisou sans précédent lors de l’introduction à la Bourse de Tokyo de l’agence japonaise de publicité Dentsu. Un de ses courtiers avait donné par erreur un ordre de vente de 610 000 actions, provoquant une chute brutale du titre.

UBS avait dû ensuite honorer son ordre erroné. Bien que peu probable au vu du peu d’évidences produites par le plaignant, une condamnation par la justice singapourienne ne ferait donc pas du tout les affaires du géant bancaire suisse.

Richard Werly

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