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Une société financière suisse sur le grill

Selon le quotidien parisien Le Figaro, La Société financière privée (SFP) de Genève aurait aidé «l'escroc du siècle». Le patron de la SFP dément.

C’est dans les années soixante-dix que Claude Lipsky hérite en France du sobriquet «d’escroc du siècle». Il aurait lésé près de 10 000 épargnants. Sa société, le Patrimoine foncier, leur promettait des rendements mirobolants.

Condamné à huit ans de prison en 1976, Claude Lipsky n’a apparemment pas retrouvé le droit chemin, puisqu’il a regagné les quatre murs d’une cellule. Son crime? Il aurait englouti les économies de centaines de militaires français en poste en Afrique.

L’escroquerie porterait sur une trentaine de millions d’euros, et une partie de l’argent aurait transité par la Suisse.

Un feu vert donné sans réserve

Le Figaro de mardi, sous le titre «Affaire Lipsky: soupçons en Suisse», pointé du doigt la Société financière privée (SFP) de Genève, qui aurait ouvert tout grand ses portes à «l’escroc du siècle».

«La SFP lui procure un compte et son adresse pour abriter sa société, Neiman Trust. Et ce feu vert donné sans réserve aurait fini d’achever l’œuvre de Lipsky».

En clair, le quotidien parisien pose la question: cette société spécialisée dans la gestion de fortune s’est-elle livrée à une action délictueuse, ou n’est-elle coupable que de négligence?

Les 350 militaires floués pourraient déposer une plainte contre la SFP en Suisse. «Cette information est totalement infondée et nous allons demander un droit de réponse au Figaro», répond Daniel Glasner, le directeur général de la SFP, à swissinfo.

«Depuis le 6 mai dernier, la SFP a elle-même pris l’initiative de demander au juge d’instruction français en charge de ce dossier à être entendue comme témoin», ajoute Daniel Glasner.

Lipsky continue de nier

Claude Lipsky n’est pas totalement un inconnu pour la société genevoise. Il a été présenté à la SFP par «une banque d’affaires américaine de premier plan» à la fin des années quatre-vingt.

La Société financière privée a effectivement domicilié, Neiman Trust, la société de Claude Lipsky, dans ses locaux.

«Mais c’est tout, nos rapports s’arrêtaient là. On essaye injustement de nous traîner dans la boue, et de nous faire payer des sommes que nous ne devons pas», commente le directeur général de la SFP.

Cette société, cotée en Bourse, a déjà été mise en cause dans la presse l’année dernière. Le volet suisse de l’enquête sur Elf révélait qu’une partie des sommes ayant servi à payer le château d’Alfred Sirven, ex-numéro deux de la compagnie pétrolière, serait passée par un compte géré par la SFP.

Quant à Claude Lipsky, il ne risque pas de faire porter la responsabilité sur la Société financière privée: selon lui, les militaires n’ont jamais été escroqués.

swissinfo/Ian Hamel

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