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Valentin Roschacher accorde un sursis à la justice russe

Valentin Roschacher veut croire en la bonne volonté de la justice russe. Keystone

Le procureur général de la Confédération était l´invité jeudi à Genève du Club suisse de la presse. Valentin Roschacher laisse quelques semaines au parquet russe pour tenir les engagements pris lors de sa récente visite à Moscou.

Valentin Roschacher a rappelé le but de la visite à son homologue Vladimir Ustinov il y a une dizaine de jours dans la capitale russe: «je voulais entendre l’avis du parquet russe à propos des différents problèmes évoqués par les médias. Nous avons mis sur la table l’ensemble de ces contentieux et les Russes nous ont assuré vouloir poursuivre leurs enquêtes et la collaboration avec la justice suisse».

Le procureur général de la Confédération se donne encore quelques semaines pour voir si ces promesses seront effectivement tenues. Elles concernent, notamment, l’affaire Aeroflot pour laquelle Valentin Roschacher a remis une deuxième série de documents lors de son passage à Moscou. Sans oublier également les enquêtes sur les sociétés Mabetex et Mercata basées à Lugano et accusées d’avoir versé des pots-de-vin à des dirigeants russes.

Pour le patron du Ministère public de la Confédération, il est donc trop tôt pour savoir si la mise à l’écart en août dernier du juge Nikolaï Volkov (chargé de dossiers russo-suisses impliquant des proches du Kremlin) signifie une perte d’indépendance de la justice russe.

Mais Valentin Roschacher a tenu à rappeler que le Tribunal fédéral avait estimé que la justice russe offrait suffisamment de garantie et que la Suisse pouvait dès lors accorder l’entraide judiciaire.

Concernant les pressions de l’Union européenne sur la Suisse à propos de l’évasion fiscale et de la contrebande de cigarettes, Valentin Roschacher a déclaré qu’il s’agissait de dossiers politiques. Un groupe de travail sur le trafic de cigarettes a d’ailleurs été constitué. «Ces deux dossiers n’entravent pas la collaboration judiciaire et policière avec nos collègues européens», a-t-il précisé.

Le procureur général de la Confédération s’est enfin exprimé sur la restructuration en cours au sein du Ministère public, de l’Office fédéral de la police et du Tribunal fédéral. Fixée par une loi votée par le Parlement en décembre dernier, cette réforme qui vise à renforcer les moyens et les compétences de la justice et de la police fédérales a déjà provoqué une série de démissions.

Selon Valentin Roschacher, ces départs sont normaux et leur nombre ne sont pas inquiétants: «n’importe quelle réforme provoque des démissions». Valentin Roschacher attend par contre beaucoup de cette réforme pour traquer efficacement le crime international. Car, selon lui, il s’agit là d’une menace grave pour l’économie et la démocratie suisses.

Frédéric Burnand

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