Aujourd’hui en Suisse
Bonjour à vous, Suisses d'ici et d'ailleurs,
Cinq ans après la tuerie au journal satirique Charlie Hebdo à Paris, le constat est amer: «La peur a triomphé», constate le dessinateur de presse suisse Thierry Barrigue. Il faut plus que jamais se mobiliser pour défendre la liberté d'expression.
Bonne lecture,
«L’esprit Charlie Hebdo a complètement disparu.» C’est le constat amer du caricaturiste suisse Thierry Barrigue, cinq ans après la tuerie dans les locaux du journal satirique français.
Le 7 janvier 2015, deux terroristes islamistes pénètrent dans le bâtiment parisien qui abrite la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo et assassinent 12 personnes. Des manifestations de soutien à la liberté de la presse s’organisent dans le monde entier, avec le slogan «Je suis Charlie».
Cinq ans plus tard, «la peur a triomphé» constate le dessinateur de presse suisse Thierry Barrigue, fondateur du journal satirique romand Vigousse. «Le dessin de presse a pris un sale coup. Il se porte très mal en raison de l’autocensure que s’imposent les éditeurs de presse et de leur frilosité.»
Barrigue pense que les caricaturistes doivent aujourd’hui repartir sur le terrain et descendre dans la rue pour assurer l’avenir du dessin de presse. «Il faut insérer la liberté d’expression et l’esprit critique dans les programmes scolaires afin de former une nouvelle génération à considérer le dessin de presse comme essentiel à une démocratie.»
- Notre interview de Thierry Barrigue en intégralité
- Le communiquéLien externe de Reporters sans frontières qui appelle à protéger les journalistes face à l’intolérance religieuse
- Le dossierLien externe de la Radio Télévision suisse (RTS) qui fait le bilan, cinq ans après la tuerie de Charlie Hebdo
Un procès contre douze activistes du climat s’est ouvert à Lausanne. Il s’annonce hautement symbolique.
Douze militants du collectif «Lausanne action climat» se retrouvent sur le banc des accusés. Ils sont jugés pour violation de domicile et infraction à la loi sur les contraventions pour avoir manifesté sans autorisation et refusé d’obéir aux ordres de la police.
Les activistes, déguisés en joueurs de tennis, se sont introduits dans le bâtiment du Credit Suisse au centre de Lausanne le 22 novembre 2018. Ils ont occupé les locaux afin de dénoncer «l’hypocrisie» de la banque qui s’associe à l’image positive du joueur de tennis Roger Federer tout en investissant dans des énergies fossiles néfastes pour le climat.
Les militants comptent bien profiter de ce procès pour valoriser la désobéissance civile, nécessaire selon eux pour dénoncer les investissements de la place financière helvétique dans les énergies fossiles. Ils sont défendus par un collectif de treize avocats qui ont décidé de plaider bénévolement, convaincus du bien-fondé de la démarche des accusés.
- L’article de la RTSLien externe sur l’ouverture de ce procès, avec l’interview d’une des avocates
- Résumé de la première journée du procès sur le site de 20 minutesLien externe
Elle se voit comme une lanceuse d’alerte et veut relayer les revendications des mouvements sociaux. Stéfanie Prezioso fait partie des nouvelles élues au Parlement suisse.
Cette historienne fille d’immigrés italiens représente la coalition de la gauche radicale genevoise. Elle entre à la Chambre basse du Parlement en se sentant encore «une militante de base» et intègre le groupe des Verts.
Stéfanie Prezioso veut avant tout se battre pour l’égalité entre femmes et hommes: au niveau des salaires, des assurances sociales et des droits des femmes migrantes. Sans oublier le combat contre la violence faite aux femmes. La nouvelle élue est aussi sensible aux thèmes écologistes et à l’intégration des migrants.
- Notre portrait de Stéfanie Prezioso, qui s’inscrit dans une série sur les nouvelles élues au Parlement suisse
- Le portrait d’une autre élue, la démocrate-chrétienne valaisanne Marianne Maret
- Les résultats des élections parlementaires d’octobre dernier en six graphiques
Un nouveau centre de recherches ouvre ses portes en Suisse pour trouver des solutions aux impacts du changement climatique. CLIMACT veut rassembler les compétences pour gagner en efficacité.
Ce centre d’action est mis en place par l’Université et l’École polytechnique fédérale de Lausanne. Il intègre également des pôles de recherches sur les montagnes et l’environnement alpin qui sont basés en Valais. L’idée est de miser sur l’interdisciplinarité pour étudier les impacts environnementaux du changement climatique et ses conséquences sociétales.
Ces données scientifiques fiables devraient permettre de quantifier les solutions possibles en fonction des choix technologiques et sociétaux. Dans un deuxième temps, les recherches pourront s’orienter sur les impacts du changement climatique sur la santé, le bien-être, la pauvreté et l’utilisation des ressources.
- La description détaillée du projet sur le site de heidi.newsLien externe
- Notre dossier sur le réchauffement climatique et ses effets particulièrement visibles en Suisse
Homophobie et loyers: les Suisses votent sur deux objets sensibles le 9 février prochain.
Une initiative populaire demande que 10% au moins des nouvelles constructions de logements soient gérées par des coopératives d’habitation. Les initiants veulent ainsi favoriser les locataires plutôt que les spéculateurs. Mais le gouvernement et le Parlement craignent que les investisseurs ne se détournent de l’immobilier et qu’un manque de logements se fasse à nouveau sentir.
L’autre objet soumis au peuple propose de compléter la norme pénale antiraciste, en y ajoutant les discriminations basées sur l’orientation sexuelle. L’objectif est de pouvoir lutter plus efficacement contre l’homophobie. Ce changement de loi est combattu par référendum: les milieux ultraconservateurs dénoncent une atteinte à la liberté d’expression.
Découvrez notre dossier sur ces deux votations, avec notamment:
- Les résultats du premier sondage auprès de la population pour connaître leurs intentions de vote
- Les enjeux détaillés de l’initiative sur les logements abordables
- Les failles de la Suisse en matière de protection des homosexuels et les arguments des référendaires
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