Aujourd’hui en Suisse
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Les agissements de la société zougoise Crypto AG suscitent une vague d'indignation dans la presse et des inquiétudes quant à la crédibilité de la Suisse. D'autant que le pays cherche à profiler la Crypto Valley qui se développe dans le domaine des technologies de la blockchain, une pépinière située également dans le canton de Zoug.
Bonne lecture,
Un simple reliquat de la Guerre froide, comme le dit l’association économiesuisse ou un sérieux coup porté à la crédibilité de la Suisse, selon plusieurs titres de la presse helvétique?
Les réactions se multiplient après le dévoilement hier de l’opération d’espionnage Rubicon grâce aux technologies truquées de la société zougoise Crypto AG.
Comme le relève le Washington Post, «la firme suisse a gagné des millions de dollars en vendant des équipements à plus de 120 pays jusqu’à récemment. Parmi ses clients figuraient l’Iran, les juntes militaires d’Amérique latine, les rivaux nucléaires de l’Inde et du Pakistan, et même le Vatican.»
L’enquête menée par un groupe de journalistes d’investigation de SRF Rundschau, de la télévision allemande ZDF et du Washington Post se base sur des documents toujours classifiés, notamment un rapport de la CIA faisant l’historique de l’opération Rubicon. En conclusion, ledit rapport exulte : «C’est le coup du siècle dans le domaine du renseignement. Les gouvernements étrangers payaient grassement les États-Unis et l’Allemagne de l’Ouest pour avoir le privilège de faire lire leurs communications les plus secrètes par au moins deux (et peut-être jusqu’à cinq ou six) pays étrangers.» Une allusion probable aux membres du réseau Echelon, soit les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
L’association faîtière économiesuisse espère que le scandale ne nuira pas à la réputation de la Suisse: «L’affaire a représenté une grosse histoire hier (mardi), mais l’impact dans les médias internationaux était déjà redescendu mercredi.» En Suisse en tous cas, les demandes d’éclaircissement se font pressantes, des élus exigeant l’instauration d’une commission d’enquête parlementaire.
- Le compte-rendu de l’affaire sur swissinfo
- L’enquête publiée par la chaine allemande ZDFLien externe
- Les réactions de la presse suisseLien externe (Tribune de Genève / abonnés)
Autre reliquat de la Guerre froide, les abris antiatomiques peuvent aussi protéger la population suisse si une défaillance grave frappait une des centrales nucléaires du pays.
Mon confrère Peter Siegenthaler s’imagine devoir rejoindre l’abri près de chez lui. Son récit permet de visualiser ce dispositif de protection présent dans 36’000 habitations privées, mais aussi dans des installations collectives .
«J’enfile une veste à capuchon, des gants et j’essaie de couvrir mon visage avec un chiffon transparent. Peut-être que ça ne sert à rien, mais ça ne fait certainement pas de mal. Puis je quitte mon appartement avec ma valise bourrée de provisions… »
- La suite du récit de Peter Siegenthaler sur swissinfo
- La protection civile en Suisse (DHS)
Connaissez-vous Babeli Giezendanner? C’est une artiste suisse qui a vécu il y a 150 ans, pionnière de la peinture paysanne.
Reconnue récemment par des collectionneurs comme Christoph Blocher, la Babeli a mené une vie d’errance et de misère.
Mon confrère Balz Rigendinger raconte le destin poignant de cette femme issue d’une famille paysanne qui s’est appliquée à embellir sans relâche la vie des campagnes, malgré l’adversité.
- A lire sur swissinfo, Babeli Giezendanner: une peintre cotée qui a côtoyé la misère
- Christoph Blocher raconteLien externe l’artiste (2013, all.)
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