Aujourd’hui en Suisse
Bonjour, amis lecteurs de Suisse et du monde,
Où passerez-vous vos vacances d’été? Cette année, les choix risquent d’être limités et vu les restrictions de voyages, chaque pays va essayer de séduire d’abord ses propres habitants. La Suisse ne fait pas exception, avec son secteur touristique sinistré. Nous avons mené l’enquête.
Dans notre sélection du jour également, le feu vert du Parlement à la fameuse application de traçage du coronavirus, les vociférations de Donald Trump contre l’OMS et un espoir dans la lutte contre la malaria.
Excellente lecture,
«Passez vos vacances au pays». C’est le message que les milieux du tourisme helvétique adressent à la clientèle suisse. Car cet été, il ne faudra pas trop compter sur la clientèle étrangère. Les dégâts sont déjà visibles, et ils risquent d’être durables, avec un quart des entreprises de la branche menacées de faillite.
Avec la fermeture des frontières et la mise à l’arrêt du trafic aérien, le tourisme subit de plein fouet la crise du coronavirus. Selon l’Organisation mondiale du tourisme, le nombre de touristes internationaux pourrait chuter de 60 à 80%. Un recul jamais observé depuis le début des relevés en 1950.
La Suisse s’attend elle aussi à vivre un été très maussade. Les hôtels ne devraient être remplis qu’au quart de leur capacité et les appartements de vacances à la moitié environ. Et l’ouverture annoncée des frontières dès le 15 juin avec l’Europe n’y changera pas grand-chose.
Les villes vont souffrir nettement plus que les régions de montagne. Les nuitées devraient y chuter de près de 50% cet été, alors que les Alpes sont traditionnellement moins dépendantes du tourisme étranger.
- L’enquête de mes collègues Samuel Jaberg et Pauline Turuban
- J’ai besoin de SuisseLien externe, la campagne actuelle de Suisse Tourisme
La Suisse sera l’une des premières en Europe à introduire une application permettant de tracer les contacts avec des personnes atteintes du coronavirus. Malgré les réticences d’une partie du public, le Parlement a approuvé la base juridique de l’application SwissCovid, conçue pour protéger la sphère privée des utilisateurs.
L’application pourrait être un outil important pour réduire les risques d’une deuxième vague de contaminations. Elle servira de complément au traçage «classique» des contagions. Aujourd’hui déjà, lorsqu’un nouveau cas est signalé, les autorités cantonales appellent la personne infectée pour reconstituer ses contacts récents.
L’utilisation de l’application est volontaire. Elle utilise la technologie Bluetooth pour détecter la présence à proximité d’un utilisateur d’autres personnes qui ont installé l’application sur leur téléphone.
Les données collectées ne contiennent aucune information sur l’identité des utilisateurs ni sur leur localisation. En cas de contact, les téléphones n’échangent avec l’application qu’un code crypté, qui est stocké localement sur les smartphones et automatiquement supprimé après 21 jours.
- L’article de mon collègue Armando Mombelli
- Les dernières informationsLien externe sur le coronavirus, sur le site de l’Office fédéral de la santé publique
Plus
Donald Trump veut quitter l’OMS. Énoncé en un tweet, c’est simple. Dans la réalité, ça l’est beaucoup moins. Pour l’heure, rien n’est fait, et la procédure serait bien plus compliquée que celle qui a permis à Washington de claquer la porte de l’UNESCO.
Il existe effectivement une clause juridique qui permet aux Etats-Unis de se retirer de l’Organisation mondiale de la santé. Mais si Trump décidait de l’activer, son pays ferait encore partie de l’organisation pendant un an et devrait payer toutes les contributions impayées.
Or, personne ne sait qui occupera la Maison Blanche dans un an. Si c’est Joe Biden, il y a gros à parier qu’il reviendra sur la décision de son prédécesseur.
Comme il l’a souvent fait par le passé, Donald Trump semble avoir pris cette décision sur un coup de tête. Les liens qui unissent les Etats-Unis à l’OMS sont nombreux et complexes et ne se détricoteront pas en un jour, explique une spécialiste de la santé mondiale.
- L’article de mon collègue Simon Bradley
Une nouvelle piste dans la lutte contre la malaria. Un jeune chercheur suisse et son équipe ont découvert un microbe qui élimine l’agent pathogène de la maladie chez les moustiques. Mais ce n’est qu’un début.
Jeremy Herren a passé des semaines au bord du Lac Victoria, à étudier les moustiques dans leur habitat naturel. «Sans cela, nous n’aurions pas trouvé ce microbe, explique-t-il. Car les insectes que l’on garde en laboratoire changent beaucoup par rapport à leurs congénères sauvages».
Ces travaux s’inspirent des succès enregistrés dans la lutte contre la dengue. Dans le nord de l’Australie, on était parvenu à infecter des populations entières de moustiques porteurs de la maladie au moyen d’une bactérie.
Ces premiers résultats sont encourageants, mais le jeune Suisse se garde de toute euphorie. Selon un autre spécialiste, il faudra encore probablement dix ans de développement avant que l’on puisse seulement dire si cette approche est adaptée à la lutte contre la malaria.
- L’article de Markus Spoerndli
- Qui veut payer pour vaincre la malaria?, tiré des archives, un article de votre serviteur sur la lutte contre cette maladie «oubliée»
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative