Aujourd’hui en Suisse
Bonjour à vous, Suisses résidant à l’étranger,
C’est Olivier à Berne.
Voilà, Joe Biden et Vladimir Poutine se sont déjà envolés vers leurs pays respectifs et la Genève internationale peut retrouver le calme après l’agitation. La rencontre des deux présidents a cependant encore largement occupé les médias, comme vous le découvrirez dans notre sélection de l’actualité de ce jeudi.
Bonne lecture,
Le sommet américano-russe de Genève appartient donc désormais à l’histoire. Chefs d’États et journalistes étant repartis, c’est l’heure d’un bilan pour les médias. De manière générale, les réactions sont positives, mais assez fortement teintées de scepticisme.
Côté positif, il y a bien sûr le fait même que les chefs de deux des plus grandes puissances de la planète aient pu se rencontrer, malgré un contexte bilatéral très tendu. Pour les observateurs les plus optimistes, cette rencontre sera peut-être l’amorce d’un (léger) réchauffement.
Néanmoins, ce sommet a avant tout montré que le fossé reste large entre les deux pays. La liste des différends est longue, et aucun d’eux n’a fait l’objet du début d’une esquisse de solution. Le fait que les présidents aient tenu une conférence de presse séparée à l’issue d’une «rencontre sans chaleur», selon les mots du New York Times, montre d’ailleurs bien à quel point ils vivent dans des réalités différentes.
Enfin, la presse suisse se félicite que cette rencontre se soit passée sans problème, ce qui est favorable pour l’image de la Suisse et de la Genève internationale. Mais dans ce domaine aussi, il y a parfois des voix critiques. Ainsi, le correspondant en Suisse de la Frankfurter Allgemeine Zeitung estime que la Suisse est de moins en moins demandée en tant que médiateur diplomatique neutre. Selon lui, les diplomates helvétiques n’ont présenté aucune proposition propre à aider à aplanir les différends entre les deux pays, de peur de froisser les Russes.
- La revue de presse de swissinfo.ch
- Le tour de la presse internationale et suisse sur RTS InfoLien externe
- La revue de presse internationale à lire et à écouter sur Radio France InternationaleLien externe
- Toujours intéressante, la vision russe du sommet sur le site d’information SputnikLien externe
Après avoir rencontré Joe Biden la veille, le président de la Confédération Guy Parmelin et le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis ont eu l’occasion de s’entretenir une demi-heure avec Vladimir Poutine. Plusieurs sujets ont été abordés avec le président russe, mais pas ceux qui fâchent.
Vladimir Poutine a remercié la Suisse pour l’«excellente plateforme» offerte à Genève pour le sommet avec les États-Unis. «Genève a toujours montré son hospitalité», a félicité le président russe.
Les discussions étaient placées sous le signe de la sécurité et de l’économie. La partie suisse a fait part de son inquiétude relative à la dégradation de la situation sécuritaire en plusieurs parties du continent européen, notamment en Ukraine, a en a appelé à la nécessité d’une issue «pacifique et durable». Sur le plan économique, Vladimir Poutine a souhaité une reprise des échanges bilatéraux, ternis par la pandémie.
Les discussions se sont déroulées dans une ambiance qualifiée de «détendue», signe de la bonne entente russo-suisse. La partie helvétique a cependant pris garde à ne pas trop froisser le maître du Kremlin. Ainsi, le nom de l’opposant Alexeï Navalny n’a même pas été prononcé, a reconnu Guy Parmelin à l’issue de la rencontre.
- De plus amples informations sur la rencontre russo-suisse sur RTS InfoLien externe
- Le même sujet expliqué dans les colonnes du quotidien 24 heuresLien externe (inscription nécessaire)
- Le récitLien externe de la rencontre américano-suisse de la veille sur RTS Info
Le Conseil des États a décidé mercredi de faciliter le recours aux mesures provisionnelles à l’encontre d’un média. Jeudi, une bonne partie de ces médias se sont montrés très critiques en relatant cette décision vue comme une atteinte à la liberté de la presse.
Pour mémoire, les mesures provisionnelles permettent à un juge d’interdire la publication d’un article qui porterait préjudice à un tiers, si celui-ci en fait la demande. La modification adoptée par le Conseil des États ressemble à un point de détail. L’atteinte au tiers ne devra plus être que «grave» et non plus «particulièrement grave» pour justifier des mesures provisionnelles.
Pour les opposants à la modification, un tel changement permettra des dérives qui porteront atteinte à la liberté de la presse. C’est en tout cas l’avis des principaux intéressés. «Le Conseil des États entaille la liberté de la presse», titrait par exemple le quotidien Le Temps. La faîtière des éditeurs, le groupe Ringier ainsi que la SSR ont également protesté contre cette modification.
La décision du Conseil des États n’est pas un acte isolé. En Suisse tout comme dans le reste de l’Europe et aux États-Unis, les pressions judiciaires se multiplient à l’encontre de médias fragilisés économiquement.
- ExplicationLien externe du débat à la Chambre haute sur le site de la radio neuchâteloise RTN
- L’articleLien externe du Temps «Le Conseil des États entaille la liberté de la presse»
- Article de swissinfo.ch consacré aux différentes tentatives pour bâillonner la presse
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Après l’échec des négociations sur l’accord-cadre entre la Suisse et l’Union européenne, certains politiciens ont indiqué souhaiter quitter la voie bilatérale pour entamer un rapprochement plus étroit avec Bruxelles. Pas forcément une bonne idée: selon un sondage du site d’information Watson, la déconvenue pourrait être grande en cas de vote populaire.
La voie bilatérale semblant pour l’heure bloquée, les Verts libéraux ont récemment émis l’idée de relancer une adhésion à l’Espace économique européen (EEE), qui avait été rejetée en 1992. Le chef du groupe parlementaire socialiste des Chambres fédérales Roger Nordmann a pour sa part estimé qu’il était temps de «briser le tabou d’une adhésion à l’UE.»
Le sondage en ligne réalisé par Watson montre que seulement 12% de ses lecteurs seraient favorables à une adhésion à l’UE et 23% à l’EEE. La plateforme reconnaît que son sondage n’est pas représentatif, mais qu’il permet de constater que «le désamour pour Bruxelles, siège de l’UE, est profond». D’autres sondages – représentatifs ceux-là – avaient déjà montré des résultats similaires.
Pour autant, le sondage de Watson montre que la relation avec l’UE n’est pas jetée aux orties. La plupart des sondés (46%) se prononcent pour le maintien des relations bilatérales et seulement 17% souhaitent un désengagement progressif de tout lien. Pour le politologue Pascal Sciarini, tout n’est donc pas fini entre la Suisse et l’Europe, puisque les partisans de l’UE, de l’EEE et de la voie bilatérale représentent tout de même plus de 80% des avis.
- Le sondageLien externe de la plateforme d’information en ligne watson
- Le dossier suisse-UE de swissinfo.ch
- Informations officiellesLien externe de la Confédération sur les relations entre la Suisse et l’UE
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