Aujourd’hui en Suisse
Chers et chères Suisses de Suisse et du monde,
Vietnam 1975 – Afghanistan 2021. Deux défaites cuisantes pour l’armée américaine, réputée la plus puissante du monde. Deux guerres meurtrières, longues et coûteuses, pour arriver à quoi? Le politologue Daniel Warner interroge crûment le bilan militaire désastreux de la nation qui se croyait «indispensable et exceptionnelle». Et pose les questions qui font mal. Aujourd’hui, le Vietnam est un pays pacifique et une destination touristique prisée… pourra-t-on en dire un jour autant de l’Afghanistan?
Bonne lecture
Après la chute de Kaboul, un sentiment de gâchis prévaut chez les Occidentaux. C’est ce qu’exprime le politologue helvético-américain Daniel Warner. Et pour la communauté internationale de Genève, cette débâcle annoncée soulève beaucoup plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.
Saigon 1975 – Kaboul 2021. Le parallèle est saisissant et les télévisions n’ont pas manqué de juxtaposer les deux photos d’hélicoptères évacuant en catastrophe le personnel diplomatique américain. Pourtant, s’il s’agit bien de deux guerres perdues malgré une supériorité militaire écrasante, la comparaison ne va guère plus loin. «Aujourd’hui, le Vietnam est un pays pacifique et prospère», écrit Daniel Warner, qui peine à imaginer une perspective similaire pour l’Afghanistan.
Reste à voir si cette nouvelle défaite entamera l’«orgueil démesuré» de l’Oncle Sam, parti en guerre il y a 20 ans d’abord pour punir les terroristes du 11 septembre. Là encore, le politologue en doute. Selon lui, les États-Unis sont trop embourbés dans leur propre image». Et ce sont «les organisations internationales basées à Genève, parmi beaucoup d’autres, qui devront se démener pour ramasser les pots cassés».
- L’opinion de Daniel Warner
- Le suivi de la crise afghaneLien externe de RTS Info avec les agences
- Le suivi de la crise afghaneLien externe par le quotidien Le Temps, avec les agences et les réseaux sociaux
Plus
Un livre sur Emmanuel Macron – un de plus? Oui, sauf que celui-ci paraît en allemand, et sous la plume d’un politologue suisse. Avec un regard en quelque sorte extérieur, Joseph de Weck tente de dresser le portrait d’un «président révolutionnaire» qui divise, mais dont les chances de réélection en 2022 sont «assez bonnes».
Sur près de 200 pages, l’auteur – installé à Paris – a voulu raconter l’état de la France à un public international. «Après quatre ans de présidence, personne ne sait vraiment qui est Emmanuel Macron. Il est pratiquement insaisissable. Les Français ne savent pas vraiment ce qu’il pense», nous a-t-il confié.
S’il se montre progressiste sur les questions de société et parfois en matière économique, l’hôte de l’Elysée n’est reste pas moins un vrai «monarque républicain», dans la plus pure tradition française. Il est assurément plus un pragmatique qu’un idéologue, dont l’avènement a marqué l’effondrement de la droite et de la gauche traditionnelles.
Sa manière de descendre dans l’arène à l’occasion du «Grand débat» a été quelque chose de jamais vu en France, mais il n’ira pas plus loin en matière de démocratie directe. Comme le souligne Joseph de Weck, «ce système ne cadre pas avec les institutions ni avec la pensée politique françaises, basées sur le combat des idées et non la recherche du compromis, qui est souvent perçu comme un signe de faiblesse».
- L’interview de Joseph de Weck, par mon collègue Samuel Jaberg
- Les limites du Grand débat lancé par Macron – par mon collègue Mathieu van Berchem, à Paris – février 2019
- Les Français se lancent dans le référendum populaire – Mathieu van Berchem – juin 2019
Et une nouvelle perle de notre production sur la démocratie directe – une! Cette semaine, le politologue Claude Longchamp nous explique comment, en Suisse, on soumet au verdict des urnes des projets qui tiennent déjà compte des groupes qui seront touchés.
Même dans les pays les plus démocratiques, on reproche souvent aux politiciens de ne tenir aucun compte des préoccupations du simple citoyen. Mais en Suisse, les autorités doivent apprendre à gérer de manière anticipée une possible volonté populaire. D’où cette notion de «Mehrheitsfähigkeit», ou capacité à réunir une majorité.
Mais rien de cela ne tombe du ciel: la Suisse aussi, a dû se battre pour obtenir la démocratie, rappelle Claude Longchamp. L’image d’un berceau de la démocratie directe depuis 1291 est fausse. En fait, la démocratie a été conquise en 1830, principalement dans les cantons libéraux. Puis avec l’introduction de la démocratie représentative au plan fédéral en 1848, la tendance était lancée.
- L’interview de Claude Longchamp. Par mon collègue Renat Kuenzi
- Point fort – Peut-on mesurer la démocratie?
Ça ne sert à rien, mais c’est un record du monde: la Haute école des sciences appliquées (HES) des Grisons a calculé le nombre Pi avec 62’800 milliards de décimales après la virgule. C’est 1280 milliards de plus que le record précédent. Elle attend maintenant l’homologation par le fameux Livre Guinness.
Pour la plupart d’entre nous, Pi, la constante qui sert à calculer la superficie d’un cercle, c’est 3,14. Au mieux, 3,1416. On peut pourtant être beaucoup plus précis, en gardant tout de même à l’esprit que même avec des milliers de milliards, on sera toujours dans l’approximation, puisque le nombre des chiffres après la virgule est infini.
Alors, où est l’intérêt? Selon la HES, il réside dans l’expertise nécessaire pour configurer l’ordinateur et le faire fonctionner pendant des semaines sans interférence. Le Centre qui a fourni ce résultat est reconnu pour son excellence dans des domaines d’application comme l’analyse de l’ARN et les simulations de flux.
- L’articleLien externe de RTS Info
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