En Suisse aujourd’hui
C’est le week-end chers abonnés,
L’occasion de mettre en veilleuse nos terminaisons électroniques! Enfin pas complètement. Vous manqueriez sinon nos propositions de lecture.
Où il est question de l’affaissement des partis anti-frontaliers, de la PMA pour les couples du même sexe, d’un nouveau média qui s’annonce à Genève et du poème Bahnofstrasse de l’écrivain James Joyce.
Bonne lecture,
Le discours anti-frontaliers ne fait plus recette, que ce soit dans le canton de Genève ou celui du Tessin, comme le montrent les résultats des dernières élections législatives.
Le Mouvement citoyen genevois (MCG) perd son unique siège au Conseil national, tandis que la Lega dei Ticinesi devra se passer d’un député sur les deux qui représentait la formation au parlement fédéral.
Deuxième force politique du canton au début de la décennie, le MCG n’a récolté que 5,4% des voix dimanche dernier. Pour le politologue Pascal Sciarini, ce parti fondé en 2005 pourrait connaitre le même sort que Vigilance, une formation d’extrême-droite également parvenue à devenir le deuxième parti du canton en 1985 avant de disparaître quelques années plus tard. «C’est un phénomène typiquement genevois: une partie de l’électorat manifeste à intervalles régulières sa mauvaise humeur en votant pour des formations anti-système avant de revenir vers des partis plus traditionnels», relève Pascal Sciarini.
Au Tessin, la Lega perd également des plumes, elle qui s’est aussi construite sur le rejet des frontaliers. Mais sa situation n’est pas comparable, selon Pascal Sciarini: «Le MCG est en moins bonne posture que la Lega, qui est implantée depuis plus longtemps au Tessin et qui a jusqu’à présent très bien résisté malgré quelques revers électoraux.»
Reste au nouveau parlement à démontrer qu’il n’est plus nécessaire de choisir une formation protestataire pour s’y faire entendre. Un défi qui concerne aussi l’ensemble de nos voisins européens, voire au-delà.
- L’article de mes confrères Samuel Jaberg et Daniele Mariani
- Notre dossier sur les législatives d’octobre
- Nos articles sur les frontaliers, migrants du quotidien
Un chemin semé d’embûches attend les homosexuels qui souhaitent devenir parents en Suisse, écrit notre consœur Katy Romy.
Entre lacunes et lourdes procédures, la loi est encore loin de leur garantir une égalité de traitement. Les couples de même sexe placent leurs espoirs dans le projet de mariage pour tous, dont le nouveau Parlement devra se saisir.
En Suisse, l’accès à la procréation médicalement assistée (PMA) est réservé aux couples hétérosexuels mariés. Ce qui n’empêche pas les couples de même sexe d’avoir un enfant à l’aide de la PMA. Il suffit de se rendre à Londres, par exemple, où l’opération est autorisée. Mais c’est au retour en Suisse que les choses se compliquent.
Ma consoeur raconte le parcours du combattant d’un couple de femmes désirant être officiellement reconnues comme parents, la mère biologique et sa compagne: «Pour l’heure, Véronique et Julie attendent toujours une réponse des autorités à leur demande. Un laps de temps durant lequel leur famille ne bénéficie pas d’une couverture juridique adéquate. «Parfois, je suis fâchée d’être traitée comme quelqu’un qui doit montrer patte blanche. Si j’étais une femme seule, on me reconnaîtrait le droit d’être mère, mais on ne me le reconnaît pas avec une femme que j’aime», relève Véronique.
- L’article documenté de Katy Romy
- L’initiative parlementaire Mariage civil pour tousLien externe
- Nos pages consacrées aux minorités en Suisse
Voici venir un nouveau média focalisé sur la Genève internationale. En phase pilote, la plateforme en ligne The Geneva Observer s’annonce prometteuse.
«Nous sommes vraiment encore dans une période pré-opérationnelle» précise à Keystone-ATS son fondateur Philippe Mottaz. L’objectif est d’élargir la communauté de The Geneva Observer, dotée de 400 personnes, pour pérenniser le projet et faciliter la poursuite de sa recherche de fonds en montrant cette production.
La volonté, «ambitieuse mais réaliste», selon Philippe Mottaz, est d’atteindre 2000 à 2500 nouveaux lecteurs par an sur trois ans. «La Genève internationale est l’une des seules ‘villes internationales’ sans un média thématique indépendant entièrement prévu pour sa couverture», explique-t-il encore. Bienvenue chers confrères!
- Le site de Geneva observerLien externe
- La présentation en anglaisLien externe de la plateforme
- La dépêche de l’ATS sur swissinfo
Une envie de littérature? Je vous propose l’un de ses géants, James Joyce, dont les cendres reposent à Zurich, mais peut-être plus pour très longtemps. Dublin réclame leur retour, un souhait conforme aux volontés de l’écrivain.
Le Dictionnaire historique de la Suisse raconte les liens de l’écrivain avec Zurich: «C’est lors de son exil parisien (1920-1940, avec de courts passages à Zurich) qu’il publia son grand roman Ulysse. Grâce à l’appui d’intellectuels (Robert Fäsi), d’artistes et de politiciens (Emil Klöti), il put revenir en Suisse en 1940. Les singularités du dialecte alémanique qui apparaissent dans son dernier livre, Finnegans Wake (1939), sont les principales manifestations d’une inspiration suisse dans l’œuvre de Joyce, avec son poème Bahnhofstrasse (1927).» Une promenade le long du rutilant boulevard zurichois, alors que l’écrivain souffre d’un lumbago. Ce qui donne ceci:
The eyes that mock me sign the way
Whereto I pass at eve of day,
Grey way whose violet signals are
The trysting and the twining star.
Ah star of evil! Star of pain!
Highhearted youth comes not again
Nor old heart’s wisdom yet to know
The signs that mock me as I go.
- Pourquoi Dublin réclame les cendres de James Joyce
- James JoyceLien externe dans le Dictionnaire historique de la Suisse
- Le poème BanhofstrasseLien externe sur le site de la NZZ
Près de 180 Suisses de l’étranger établis dans 50 pays ont répondu à la question de savoir s’ils avaient reçu leur matériel de vote à temps. Petite vue d’ensemble pour voir où ils peuvent voter – et où ils ne le peuvent pas.
Malgré les nombreuses réponses reçues sur le site de swissinfo.ch, sur les réseaux sociaux et sur notre App, la liste qui suit n’est pas représentative. Dans certains pays, il n’y a même eu aucune réponse. Toutefois, elle livre une bonne vue d’ensemble – en particulier pour les régions où vivent de nombreux Suisses de l’étranger (le nombre de réponses est indiqué entre parenthèses).
Pays où les problèmes sont apparemment rares ou inexistants:
Bosnie-Herzégovine (1)
Allemagne (17)
Royaume-Uni (3)
France (5)
Grèce (1)
Irlande (1)
Canada (6)
Monaco (1)
Pays-Bas (2)
Autriche (3)
Portugal (2)
Suède (1)
Serbie (2)
Singapour (1)
Hongrie (1)
Etats-Unis (8)
Pays où la situation semble incertaine:
Argentine (3)
Australie (5)
Inde (2)
Israël (1)
Italie (23)
Cambodge (1)
Cameroun (1)
Liechtenstein (2)
Luxembourg (1)
Norvège (1)
Espagne (8)
Tahiti (1)
Tunisie (3)
Pays où les choses semblent rarement fonctionner, voire pas du tout:
Egypte (2)
Bolivie (2)
Brésil (7)
Chili (2)
Costa Rica (1)
République dominicaine (5)
Equateur (6)
Indonésie (1)
Kenya (1)
Colombie (1)
Croatie (1)
Malaisie (2)
Mexique (10)
Nouvelle-Calédonie (1)
Panama (1)
Pérou (2)
Philippine (4)
Sénégal (1)
Seychelles (1)
Thaïlande (18)
Chypre (1)
- Avez-vous fait des expériences similaires ou totalement différentes? Partagez-les dans ce Q&A.
- Les expatriés sceptiques: «Les Suisses de l’étranger doutent de la validité du scrutin»
- Organisation des Suisses de l’étranger: «La colère des Suisses de l’étranger doit être prise au sérieux»
Plus
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative