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Deiss nomme un médiateur pour Swissmetal

Seizième jour de grève à la Boillat. Keystone

Le ministre de l'économie Joseph Deiss a nommé jeudi soir un médiateur dans le conflit qui oppose la direction de Swissmetal à son personnel de Reconvilier.

Plus tôt dans la journée, Swissmetal avait annoncé la «suppression accélérée» de 120 emplois, déclenchant la fureur du syndicat dans l’usine que tout le monde appelle encore «la Boillat», en grève depuis 16 jours.

Joseph Deiss a choisi Rolf Bloch en tant que médiateur. Le président d’honneur du groupe Camille Bloch (chocolats et confiserie) aura pour tâche de fixer un agenda de négociations et de mettre fin à la crise.

«L’intégrité reconnue de Rolf Bloch lui permettra de restaurer la confiance entre les parties», écrit le ministère de l’économie. Rolf Bloch était déjà intervenu lors de la crise des fonds en déshérence.

Enfant du Jura bernois, il jouit d’une large expérience industrielle sans être de la branche métallurgique, ce qui lui assure une grande impartialité. Ce choix a été agréé par la direction ainsi que par les ouvriers et le syndicat Unia.

Dans l’après-midi, Joseph Deiss avait convoqué à Berne trois représentants du personnel, accompagnés des représentants d’Unia. Il a par la suite rencontré le président du conseil d’administration de Swissmetal, Friedrich Sauerländer.

Le ministre de l’économie a exhorté les parties à s’asseoir à la table des
négociations et exigé d’elles davantage de flexiblité.

120 licenciements au lieu de 80

Cette nomination intervient au soir d’une journée qui avait vu le conseil d’administration de Swissmetal refuser une fois de plus d’ouvrir les négociations demandées par le syndicat et les grévistes.

Dans un communiqué publié jeudi, au 16e jour de grève, le groupe métallurgique de Dornach (Soleure) exige que les employés de la Boillat mettent fin à ce mouvement «illégal tout comme l’occupation illégale des locaux de l’entreprise. C’est alors qu’un dialogue ouvert pourra être instauré».

Pour Swissmetal, l’arrêt prolongé de l’activité de l’usine nécessite «une suppression accélérée d’environ 120 postes au cours des deux à trois prochains mois», contre les 80 impliqués par le transfert des activités de fonderie à Dornach

Pas de fermeture

La firme nie pourtant vouloir à terme fermer l’ensemble de l’usine de Reconvilier. Elle a réaffirmé son attachement à la stratégie des deux sites annoncée en novembre.

Les administrateurs jugent toujours la situation inacceptable, notamment au regard de la pénurie de produits à laquelle sont confrontés les clients de Swissmetal. Ils déplorent d’autant plus le mouvement, qu’il survient dans un contexte de croissance de l’activité. C’est pourquoi des mesures ont été arrêtées pour augmenter la capacité du site de Dornach.

Le conseil d’administration estime par ailleurs que la définition de la stratégie lui appartient et qu’elle n’est pas à négocier avec «des commissions du personnel, des commissions d’entreprise, des syndicats, des politiciens locaux ou avec tout autre tiers».

La grève continue

De son côté, le personnel de la Boillat s’est montré plus déterminé que jamais à poursuivre la grève. «Nous devons continuer de résister, car c’est le seul espoir d’avoir un avenir», a affirmé Nicolas Wuillemin, alors qu’une nouvelle manifestation de soutien se profile samedi après-midi à Reconvilier.

Les grévistes ont aussi reçu jeudi le soutien de l’Union syndicale suisse (USS), qui dénonce la décision «on ne peut plus irresponsable et arrogante» du groupe métallurgique soleurois.

Parallèlement, Unia recherche des solutions alternatives au conflit. Le syndicat espère notamment créer un pool d’investisseurs régionaux pour reprendre la Boillat, qui continuerait ainsi de manière autonome.

Un rachat en Allemagne

Swissmetal annonce vendredi le rachat d’une ex-filiale, l’Allemande Bush-Jaeger, qui occupe 170 personnes à Lüdenscheid (93 millions de francs de chiffre d’affaires). Le montant de la transaction n’a pas été publié.

Selon le communiqué de Swissmetal, les discussions «déjà planifiées avec Busch-Jaeger se sont intensifiée au cours des derniers jours en raison de la grève illégale’ et de l’occupation ‘illégale’ des locaux de l’usine (de Reconvilier)».

C’est «après l’éclatement de la grève à Reconvilier que des négociations concrètes en vue de l’acquisition ont été menées», ajoute-t-il.

swissinfo et les agences

Martin Hellweg est engagé en juin 2003 pour redresser l’entreprise surendettée.
Le 16 novembre 2004, les 400 employés, ouvriers et cadres, de Swissmetal à Reconvilier débraient pour protester contre le licenciement du directeur du site. La grève dure 10 jours.
Le 25 janvier 2006, les ouvriers de l’usine Swissmetal reprennent la grève. Ils s’opposent aux restructurations annoncées fin 2005 par la direction.
Le 9 février 2006, la direction annonce la «suppression accélérée» de 120 emplois à Reconvilier.

– Swissmetal se consacre à la fabrication de produits à haute valeur ajoutée à base de cuivre ou d’alliages cuivreux, principalement destinés à l’industrie électronique, automobile, bureautique et horlogère, ainsi qu’à l’aviation et aux télécommunications.

– Swissmetal a élaboré une stratégie sur cinq ans basée sur une concentration des compétences entre ses deux sites de développement et de production, à Reconvilier (Berne) et Dornach (Soleure).

– Le site de Dornach verra un renforcement de la transformation à chaud. Celui de Reconvilier ne conserverait que la finition de fils et barres. Une stratégie qui coûtera de nombreux emplois.

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