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Cette année, l'Engadine et Saint Moritz se passeront de nombreux Italiens

Cet hiver, les pistes de Saint Moritz sont un peu moins fréquentées que d’habitude. tvsvizzera

Avec les dernières décisions de Rome, il devient très compliqué pour les Italiens d’aller skier en Suisse, même pour une journée. Et ce le sera encore plus pendant la période des Fêtes, entre le 20 décembre et le 7 janvier. Selon le décret du 3 décembreLien externe, ceux qui rentreront de l’étranger devront effectuer une quarantaine de 14 jours.

Ce contenu a été publié le 16 décembre 2020 - 14:28
Michele Novaga, Saint Moritz

La difficulté d’aller en Suisse depuis l’Italie nous apparaît immédiatement lorsque nous traversons la frontière en direction de l’Engadine. «Pour vous rendre dans la Confédération helvétique, vous devez montrer votre permis de travail suisse», nous dit l’agent de la Guardia di Finanza, de service à la douane de Castasegna. «Et selon le décret ministériel du 3 novembre, toute personne qui rentre en Italie en provenance de Suisse doit prouver qu’elle a effectué un test anti-covid dans les 72 heures précédentes.»

Une fois arrivés à Saint Moritz, sur le parking des remontées mécaniques de Corviglia, on remarque l’absence de plaques italiennes. La plupart des voitures sont suisses ou allemandes. On en voit peu des autres pays de l’UE, même si la langue la plus parlée sur les pistes reste l’italien. Mais seuls les autochtones et les skieurs venus du Tessin s’expriment dans la langue de Dante. Comme Julien et son épouse Cristina, qui sont venus de Lugano par la route qui longe le Lac de Côme avec leurs jeunes enfants, pour profiter d’une journée de ski. «Nous venons assez souvent en Engadine, même si nous fréquentons aussi d’autres stations. Au retour, nous ferons le trajet entièrement en Suisse, pour éviter les problèmes à la douane italienne», expliquent-ils.

Une saison d’hiver qui s’annonce difficile

Pour tout le secteur touristique de l’Engadine, la perte de la clientèle de l’Italie voisine est un coup dur, surtout en cette période de vacances de Noël, cruciale pour toute la saison d’hiver. Les professionnels le savent bien, eux qui affichaient complet il y a seulement une année. «Beaucoup d’Italiens ont une résidence secondaire en Engadine, et certains sont déjà là depuis des mois. Ce qui nous manque, c’est le tourisme journalier des Italiens. Nous n’avons de loin pas les mêmes chiffres que ceux enregistrés les autres années à la même période», explique à tvsvizzera.it Michael Kirchner, d’Engadin St. Moritz Mountains AG. Pour lui comme pour l’ensemble de la branche, cet hiver est différent des autres. «Au vu des difficultés pour voyager, qui ne touchent pas que les Italiens, nous attendons davantage de clientèle indigène et nettement moins d’étrangers. Et quoi qu’il en soit, nous regardons l’avenir avec un optimisme prudent, sachant que nous avons une grande responsabilité parce que nous devons garantir la sécurité de nos hôtes.»

"Ce qui nous manque, c’est le tourisme journalier des Italiens"

Michael Kirchner, Engadin St. Moritz Mountains AG

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Dans le même registre, Fabrizio D’Aloisio, de la commune de Saint Moritz, explique à tvsvizzera.it: «Notre clientèle touristique est largement composées d’étrangers, qui viennent de plus de 70 pays. Nous nous attendons à une saison anormale, avec davantage de touristes suisses, comme cela a déjà été le cas cet été (40% d’indigènes en plus). Mais il est clair qu’ils ne suffiront pas à compenser le nombre d’hôtes qui ne pourront pas venir de l’étranger. Cependant, nous avons aussi une clientèle qui ne vient pas pour un jour ou un week-end, mais qui reste ici pendant des semaines, voire parfois des mois. C’est arrivé pendant le premier confinement, que beaucoup ont préféré passer ici. Et cela arrive aussi maintenant: il y a des gens qui sont venus en novembre et sont restés depuis.»

Réservations hôtelières à la peine

Sur la base des données de Suisse Tourisme, rien qu’en décembre 2019, 11'000 Italiens sont venus dans les différentes stations de montagne suisses, pour y passer en tout plus de 26'000 nuitées. Et ils n’étaient pas les seuls: le nombres de touristes venant d’Europe et de plus loin était en croissance constante, totalisant presque 600'000 nuitées. Cette année, il sera impossible d’atteindre la même fréquentation et de maintenir la tendance positive des dernières saisons. Les réservations dans les hôtels et les logements de vacances sont à la peine. Pas seulement à Saint Moritz, mais dans toute l’Engadine. «Jusqu’au 28 décembre, les réservations sont tout à fait en ligne avec celles de l’année dernière. Mais après le Nouvel An, il y a beaucoup d’incertitudes. Les Allemands, et surtout les Italiens manquent à l’appel», constate Frank Amin Karama, du Maloja Palace Hotel.

"Après le Nouvel An, il y a beaucoup d’incertitudes. Les Allemands, et surtout les Italiens manquent à l’appel"

Frank Amin Karama, Maloja Palace Hotel

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Au «All in one», le Swiss lodge moderne de Celerina, la situation n’est pas différente. «Nous avons surtout des réservations de Suisse, mais celles de l’étranger manquent, par exemple des Allemands», explique la direction. «Il y a aussi déjà quelques réservations pour les vacances de ski de février et nous avons intensifié nos offres pour les Suisses romands qui ne viennent pas ici d’habitude, mais qui se sont finalement décidés pour l’Engadine.»

Mesures de protection et tests sur la population

Au niveau des domaines skiables, le port du masque est obligatoire sur les remontées mécaniques. Une consigne que le personnel fait respecter scrupuleusement. La règle vaut également pour les bars et les restaurants, qui resteront fermés jusqu’au 17 décembre sur décision du canton des Grisons, mais qui servent aux skieurs des plats à l’emporter. «Je dois dire que pendant la semaine que j’ai passée ici, j’ai remarqué que les gens et les skieurs observaient très scrupuleusement les règles de distanciation», raconte Karl, venu de Zurich avec sa fiancée. «C’est le seul endroit en Europe où on peut skier», note Albert qui, avec trois de ses amis, a fait le long voyage depuis la Pologne. «J’ai constaté que les skieurs faisaient très attention aux mesures de sécurité. Si une personne baisse son masque avant de monter sur le télésiège, les autres l’invitent immédiatement à le mettre correctement.»

Au cours du week-end dernier, en vue de diminuer le nombre de contaminations, les autorités cantonales ont organisé une campagne de tests anti-covid gratuits et volontaires en Haute et Basse Engadine et dans le Val Monastero. La population résidente, mais également les touristes et toutes les personnes qui le désiraient ont pu s’y soumettre. «C’est un essai pilote en vue de Noël. Ceux qui sont positifs peuvent s’isoler, et retourner au travail dans deux semaines», explique Fabrizio D’Aloisio, de la commune de Saint Moritz, où les tests – que nous avons également subis – se sont déroulés dans trois centres dans la station. «À part cela, toute personne qui le souhaite peut faire à tout moment un test moléculaire payant dans une des tentes installées sur notre territoire, afin d’obtenir un résultat rapide».

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