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Le service militaire suisse a la cote auprès des jeunes expatriés

Gregory Boast a terminé son école de recrues fin 2020 à Chamblon. Lazar

Chaque année, plusieurs dizaines de jeunes Suisses de l’étranger s’engagent dans l’armée en Suisse. Qu’est-ce qui les motive et quelles sont leurs impressions? Le témoignage de Gregory Boast, qui a grandi en Afrique du Sud.

Ce contenu a été publié le 04 janvier 2021 - 11:35

En Suisse, de plus en plus de jeunes choisissent d’effectuer le service civil plutôt que le service militaire obligatoire. Alors que chez les Suisses de l’étranger, c’est l’inverse: ils sont toujours plus nombreux à être attirés par l’école de recrues helvétique.

«J’ai toujours su que je voulais un jour faire l’armée en Suisse», confie Gregory Boast. Le jeune homme de 19 ans a la double nationalité suisse et sud-africaine. Sa mère est originaire du canton de Lucerne, mais il a grandi à Johannesburg.

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En Afrique du Sud, le service militaire est volontaire, ce qui signifie qu’il faut faire carrière dans l’armée. Ce qui n’aurait pas du tout collé avec les projets de Gregory, qui souhaite devenir juriste. Étudier est d’ailleurs la raison principale qui l’a poussé à revenir en Suisse il y a un an.

Les étudiants appelés à effectuer leur service

Lorsque de jeunes Suisses de l’étranger reviennent au pays pour étudier, ils reçoivent automatiquement une invitation à effectuer leur service civil ou militaire. «Dans ma famille, aucun membre de ma génération n’a jamais fait l’armée», relève Gregory Boast. Il a donc voulu relever ce défi et a opté pour le service militaire plutôt que pour le service civil. «De plus, j’ai des amis qui ont fait l’école de recrues. Ils me l’ont tous vivement recommandée.»

Gregory Boast a commencé son service à la fin du mois de juin. Il fait partie des 20’183 soldats recrutés l’année dernière. Le Suisse de l’étranger a suivi sa formation de fusilier à Chamblon, dans le Jura vaudois. Il a tellement apprécié cette expérience qu’il a décidé de continuer à l’école des sous-officiers.

«J’ai toujours su que je voulais un jour faire l’armée en Suisse.»

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Chaque année, des Suisses de l’étranger font partie des nouvelles recrues de l’armée helvétique. En 2020, ils étaient au nombre de 53, en 2019 de 61 et en 2018 de 39. Pourtant, en temps de paix, ils sont exemptés du service militaire obligatoire, sauf s’ils résident à proximité de la frontière. «Les ressortissants suisses qui habitent dans des zones frontalières et qui exercent une activité professionnelle en Suisse sont en principe soumis au service militaire», explique Stefan Hofer, porte-parole de l’armée.

La Suisse prend en charge les frais de voyage

Il existe un processus de recrutement spécial pour les Suisses de l’étranger. Gregory Boast se trouvait déjà en Suisse et a pu participer à la conscription habituelle dans le canton d’Argovie. Mais les jeunes expatriés intéressés à effectuer leur service militaire sont généralement appelés à venir s’enrôler une à quatre semaines avant le début de l’école de recrues. En fonction de leurs compétences linguistiques, ils sont enregistrés dans les centres de recrutement de Sumiswald, Payerne ou Monteceneri.

Ce court délai vise à maintenir les frais de voyage aussi bas que possible. Car suivant la situation financière des jeunes soldats, l’État prend à sa charge une partie des coûts de déplacement. «L’administration fédérale rembourse les frais de voyage une fois par trajet — en général jusqu’au lieu du recrutement et au retour à l’étranger après l’école de recrues», écrit le Département fédéral de la défense.

Gregory Boast vient de terminer son école de recrues et va continuer sa formation militaire à la place d’armes de Chamblon en janvier. Malgré la pandémie, il a pu passer les fêtes de fin d’année en Afrique du Sud. «Avec un test Covid négatif, vous avez le droit de prendre l’avion pour Johannesburg», se réjouissait-il la veille de son départ à la mi-décembre. À ce moment-là, l’émergence d’une nouvelle variante du virus en Afrique du Sud et en Grande-Bretagne n’était pas encore connue. La question de savoir si Gregory Boast pourra revenir en Suisse et à quelles conditions est encore ouverte.

Une année très spéciale

Le jeune expatrié n’avait pas vu ses parents et ses amis depuis un an. La pandémie ne lui a pas vraiment facilité la tâche pour trouver ses marques en Suisse. «Je pensais qu’à côté de l’armée, cette année serait remplie de fêtes et de voyages», confie Gregory Boast. Le jeune homme a vite déchanté, mais il se dit malgré tout satisfait des douze derniers mois: «La Suisse est un super pays et je suis heureux de pouvoir encore vivre une partie de ma jeunesse ici».

Portrait de Gregory Boast en Suisse. Gregory Boast.

Gregory Boast a des projets sur le plus long terme: il veut étudier le droit à Fribourg et s’établir en Suisse pour travailler. Sa sœur, de trois ans son aînée, étudie à l’École polytechnique fédérale de Lausanne. «Mes parents ont toujours su que je voulais vivre en Suisse, affirme le jeune expatrié. À l’école, on nous a toujours dit de partir si on avait le choix. Il n’y a pas d’avenir en Afrique du Sud.»

Gregory Boast explique que la vie à la pointe sud du continent africain est complètement différente de celle de la Suisse: «Cela commence par de petites choses comme faire du shopping ou sortir dans la rue le soir». L’année dernière, il a pu pour la première fois être totalement indépendant et, par exemple, voyager seul à travers le pays - ce qui est presque inimaginable en Afrique du Sud.

«Il n’y a pas d’avenir en Afrique du Sud.»

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Saisir sa chance

Gregory Boast est multilingue: il parle l’anglais, le suisse allemand, l’allemand et, depuis cette année, le français. Il peut loger chez des parents, une de ses tantes vit à Kriens dans le canton de Lucerne et un de ses oncles à Genève. «Nous sommes souvent venus en Suisse passer des vacances en famille», se souvient-il.

Au début, il a subi un choc culturel. Mais il a vite réussi à s’intégrer grâce aux proches qui l’entouraient. «Quand on grandit en Suisse, on ne parvient plus à apprécier tout ce que ce pays a à offrir», affirme le jeune homme.

Les autres recrues qui accompagnent Gregory Boast sont très intriguées par le fait qu’il ait grandi en Afrique du Sud. «Beaucoup ont envie de parler anglais avec moi et me posent des questions sur la vie là-bas.» À ceux qui sont curieux, il ne peut que recommander un voyage en Afrique du Sud. Et aux jeunes Suisses de l’étranger, il leur conseille de saisir leur chance et de venir un jour vivre dans leur pays d’origine.

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