Swiss sacrifie 3 centrales de réservation
En fermant 3 sur 4 centrales de réservation à Zurich, Genève et Lugano, la compagnie économisera 6 millions de francs par an. Et sacrifie 140 postes.
Les syndicats n’ont pas caché leur colère et reprochent à Swiss de mettre en danger la qualité de ses prestations à la clientèle.
Swiss va fermer ses centrales de réservations de Genève, Lugano et Zurich, pour ne plus conserver que celle de Bâle. Plus de 140 collaborateurs sont touchés par cette décision, qui s’inscrit dans le cadre des 1000 suppressions de postes annoncées en janvier.
Dans le détail, 35 postes à plein temps (occupés par 47 personnes) seront biffés à Genève, 25 à Lugano (27 personnes) et 48 à Zurich (70 personnes), a indiqué mardi la compagnie aérienne. La centrale de Bâle, dotée actuellement de 41,5 postes pleins (49 personnes), sera «renforcée d’une dizaine de collaborateurs».
Swiss mettra également la clé sous le paillasson de son comptoir de vente de la gare de Berne à la fin juin. L’ensemble de ces coupes permettra des économies de 6 millions de francs, selon le communiqué.
Presque plus rien à Genève
«A Genève, les effectifs de Swiss tomberont à une soixantaine de collaborateurs, actifs dans la vente, la technique et le cargo», a précisé à l’ats Jean-Claude Donzel, porte-parole du transporteur.
Seul un tout petit nombre des employés touchés peut espérer retrouver un poste chez Swiss. «A Genève, Swiss ne prévoit aucune expansion», a rappelé M. Donzel. Et il est vraisemblable que, pour des raisons de proximité, sur les dix postes créés à Bâle, certains soient plutôt repourvus par d’actuels employés zurichois.
Swiss a choisi Bâle pour concentrer son centre d’appel helvétique principalement pour des raisons financières. Le bâtiment dans lequel est logé le «call center» est le seul des quatre à être propriété de la compagnie. «Ailleurs, la location nous coûte très cher», a commenté M. Donzel.
Au niveau opérationnel, cette restructuration s’accompagne d’une intensification de la collaboration entre Swiss et Mindpearl, sa filiale à 100 % de vente par téléphone. Cette société gère déjà 200’000 appels adressés à Swiss en dehors des heures de bureau. En tout les quatre call centers helvétiques en traitent 1,25 million par an.
«Les clients n’y verront rien»
«Il n’y aura aucun impact pour la clientèle», a souligné M. Donzel. Les personnes qui appellent ne se rendent pas compte que les employés qui répondent ne sont pas en Suisse. Les cinq centres d’appel de Mindpearl sont basés au Cap (Afrique du Sud), à Brisbane (Australie), à Londres, à New York et à Barcelone. Ils permettent d’être actif 24 heures sur 24.
Afin «d’assurer une transition sans heurts, les mesures de transfert seront appliquées progressivement au cours de l’été», a précisé Swiss. La compagnie définira avec les employés concernés et les partenaires sociaux les modalités d’un plan social.
Grogne syndicale
Les syndicats se sont immédiatement dits «scandalisés». Dans un communiqué, SEC Suisse, qui représente les employés de commerce, a qualifié la décision de Swiss de «totalement incompréhensible et dangereuse.
Le sec suisse a également reproché à la compagnie aérienne d’avoir trahi sa promesse de sauvegarder l’emploi en Suisse en échange d’une aide financière publique de 2 milliards de francs.
Le syndicat du personnel au sol SEV-Gata souligne, lui, qu’il n’a pas été tenu compte de la qualité du travail fourni dans les actuels collaborateurs des call centers. En outre le développement de Mindpearl en Afrique du Sud et en Australie n’est d’aucune utilité pour les 140 personnes licenciées en Suisse.
Les deux organisations craignent qu’une fois la restructuration opérée, le service de la compagnie en souffre. «Seuls les gros clients seront encore gérés directement par Swiss», a souligné le SEV-Gata.
Le transporteur «renonce à un avantage qui ne pourra guère être totalement compensé, et cela en dépit de la hausse des réservations sur Internet», a jouté SEC Suisse.
A Genève, le porte-parole de l’aéroport (AIG), Philippe Roy, a quant à lui affirmé qu’il ne s’agissait pour lui que d’une demi-surprise, puisque Swiss avait annoncé vouloir une nouvelle fois tailler le vif. Il regrette surtout l’impact social de la mesure pour les 47 personnes concernées.
swissinfo et les agences
Le 18 janvier, Swiss a annoncé la suppression de 13 appareils sur 62.
Jusqu’en 2006, 800 à 1000 places de travail seront supprimées.
La flotte régionale est composée de 7 Saab, 19 Jumbolino et 11 Embraer.
Selon la «SonntagsZeitung, tous les Saab, 2 Jumbolino et 4 Embraer vont disparaître.
En conséquence, 207 postes de pilotes seront supprimés. 73 pilotes de longs-courriers devraient également perdre leur emploi.
– Swiss a été créée le 31 mars 2002 à partir de la fusion de l’ex-Swissair et de Crossair, l’ancienne compagnie régionale, filiale de Swissair.
– Au 3e trimestre 2004, la nouvelle compagnie a retrouvé les chiffres noirs pour la première fois. Au total, son bénéfice net a atteint 16 millions de francs après une perte de 276 millions au trimestre précédent.
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