Swissmetal: la fin de la grève pour mercredi?
Les ouvriers du site de Reconvilier ont vécu lundi leur 27e jour de grève. Selon le médiateur Rolf Bloch, la situation pourrait s'améliorer dès mercredi.
Entretemps, le syndicat Unia a annoncé qu’il offrira un appui financier aux grévistes de l’usine bernoise.
Lundi, les grévistes de Swissmetal Boillat à Reconvilier (Berne) ont décidé par acclamation de reconduire leur action entamée il y a maintenant 27 jours.
Dans ce contexte tendu, Rolf Bloch, le médiateur nommé par Joseph Deiss, ministre de l’Economie, a toutefois apporté une note d’espoir lundi.
Au terme d’une réunion de travail avec les parties, l’industriel a fait savoir que la grève pourrait s’achever dès mercredi après délibérations auprès des grévistes et des dirigeants de Swissmetal.
Terrain d’entente
«La rencontre a débouché sur des discussions très constructives. J’ai eu une très bonne impression», a précisé l’ancien patron des Chocolats Camille Bloch et médiateur dans l’affaire des fonds en déshérence, âgé aujourd’hui de 75 ans. «Nous avons trouvé un terrain d’entente de principe qui sera soumis aux deux parties.»
«Pour autant que tout le monde soit d’accord» avec la base de discussion formulée lundi, le mouvement pourrait s’achever mercredi, espère Rolf Bloch. «Si tout se passe bien, une première séance de négociations sur un règlement du conflit dans les détails devrait se tenir la semaine prochaine.»
Malgré cette sérénité, sur le terrain, les fronts demeurent bien marqués. «Nous n’avons aucune raison de reprendre le travail aujourd’hui ou demain», a affirmé lundi au personnel Nicolas Wuillemin, porte-parole des grévistes.
Salaires de février
Lors de leur assemblée quotidienne, les grévistes ont été informés de la compensation salariale qu’ils allaient percevoir pour la période du 25 janvier, date du début de la grève, à vendredi. Les ouvriers membres du syndicat Unia recevront 3000 francs, somme puisée dans le fonds de grève d’Unia pour les travailleurs.
«Cette charge financière ne pose aucun problème dans la mesure où les ‘réserves de guerre’ du syndicat sont bien garnies», a affirmé Nico Lutz, porte-parole d’Unia. La décision de poursuivre ou d’interrompre le mouvement ne dépendra pas de motifs financiers, a ajouté le syndicaliste.
Fonds de grève
Tous les grévistes, syndiqués ou non, recevront 500 francs d’un fonds de grève alimenté par des dons d’associations, de privés ou de collectivités publiques. Plus de 150’000 francs ont été versés dans ce fonds de soutien.
Entre 90 et 95% du personnel de la «Boillat» est affilié au syndicat, les autres devront donc se contenter de ces 500 francs pour le mois de février. Un 3e fonds, doté de 30’000 francs et également destiné à tous les grévistes, a été ouvert à la commune de Reconvilier.
Pas de camions
Le calme a régné lundi sur le site de l’usine. La direction du groupe métallurgique soleurois n’a pas tenté d’envoyer des camions pour venir chercher du matériel, comme la justice l’y autorisait. Jusqu’ici, les camions sont déjà par deux fois repartis à vide, en raison de la résistance de grévistes et de syndicalistes.
En vertu d’une décision du Tribunal d’arrondissement de Moutier de vendredi, les grévistes de la «Boillat» et Unia ne peuvent théoriquement plus bloquer l’accès à l’usine.
Mais des habitants et des altermondialistes ont laissé entendre qu’ils empêcheraient les camions d’accéder aux entrepôts. La direction pourrait alors demander l’intervention de la police.
swissinfo et les agences
– Swissmetal fabrique des produits à base de cuivre. Ses clients – qui demandent la reprise du travail – sont l’industrie électronique, l’automobile, la bureautique, l’horlogère, l’aviation et les télécommunications.
– La stratégie du groupe veut renforcer la transformation à chaud dans l’usine de Dornach, celle de Reconvilier ne conservant que la finition et perdant de nombreux emplois.
– Appuyés par les cadres, les milieux politiques et la région, les ouvriers accusent la direction de mettre en danger un fleuron industriel. C’est l’avis de clients du groupe, dont certains craignent pour l’emploi dans la région.
25 janvier: les ouvriers de Reconvilier lancent leur 2e grève en un an contre les restructurations annoncées par Swissmetal.
9 février: annonce de la suppression de 120 postes à Reconvilier. L’industriel Rolf Bloch est désigné médiateur par le ministre de l’Economie Joseph Deiss.
10 février: Swissmetal annonce avoir racheté une ancienne filiale allemande.
13 février: 21 cadres de Reconvilier sont licenciés.
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