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A Kloten, 10 000 manifestants conspuent les banques

Le nom du patron de l'UBS, Marcel Ospel, a été particulièrement hué par les manifestants. Keystone

La colère et l'incertitude règnent parmi les employés de Swissair. Au moins 10 000 personnes ont manifesté mercredi en début d'après-midi devant le siège du groupe au Balsberg, non loin de l'aéroport de Zurich-Kloten avant de rejoindre le siège de l'UBS à Glattbrugg. Et ceci ne devrait constituer qu'un avant-goût de la grande manifestation prévue jeudi à Berne.

Dans la matinée déjà, une trentaine de pilotes de Swissair avaient manifesté dans le hall de Genève-Cointrin. Mais c’est à Kloten qu’avait lieu le grand rassemblement. Le personnel de la compagnie a largement répondu présent à l’appel de cinq syndicats.

Au milieu d’une foule que la police a estimée à 10 000 personnes, les pilotes et le personnel de cabine portaient leur uniforme, alors que beaucoup d’autres manifestants avaient revêtu des t-shirts et des casquettes au logo de Swissair.

Sur les pancartes et les banderoles, on pouvait lire des slogans surtout hostiles aux banques, mais également au monde politique: «UBS – United Bandits of Switzerland», «UBS + CS = mafia», «Messieurs les conseillers fédéraux, nous voulons des actes, pas des paroles».

Marcel Ospel hué

Les manifestants n’ont pas épargné Marcel Ospel, le patron de l’UBS, principal établissement bancaire impliqué dans le plan de sauvetage partiel de Swissair. Il a été largement hué chaque fois que les orateurs prononçaient son nom.

En revanche, on ne sentait pas d’hostilité à l’égard de Mario Corti, patron du groupe Swissair, dont le nom a été à plusieurs reprises scandé par la foule.

Les représentants des syndicats SSP/VPOD, PUSH (Swissport, Swisscargo, SR Technics, Atraxis) et la Société suisse des employés de commerce ont posé plusieurs exigences. Ils demandent 2 milliards de francs aux banques pour la mise en place d’un plan social. Ils demandent en outre une intervention de l’Etat.

Ils ont également fait circuler une pétition, qui sera adressée au Conseil fédéral. Le texte exige la mise au point d’un scénario de sauvetage pour Swissair Group. Les syndicats demandent aussi que les responsables de la débâcle rendent des comptes devant la justice.

Jusqu’à 10 000 emplois perdus

Selon les syndicats, ce ne sont pas 2560 emplois qui vont être liquidés avec la faillite de Swissair, mais au minimum 4000. D’autres estimations évoquaient même le chiffre de 7000 à 10 000. Swissair Group emploie 69 000 personnes dans le monde (toutes filiales comprises), dont 21 000 en Suisse.

Et la débâcle ne devrait pas s’arrêter là. De nombreuses PME, dont le sort est lié à celui de Swissair, pourraient se trouver en difficultés. Le parti radical évalue les pertes d’emplois directes et indirectes à une dizaine de milliers d’emplois, uniquement dans la région zurichoise.

Juste un avant-goût

Finalement, les manifestations de mercredi pourraient bien ne constituer qu’un avant-goût de la colère déclenchée par la débâcle de Swissair. Les syndicats appellent en effet à un grand rassemblement jeudi à Berne et n’excluent pas d’autres actions spectaculaires.

swissinfo avec les agences

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