AOM et Air Liberté: se rapprocher ou mourir
Marc Rochet, nouveau patron des compagnies françaises de SAirGroup, veut accélérer «le rapprochement opérationnel d'AOM et Air Liberté afin d'essayer de les sauver», au moment où le climat reste très tendu. Dès le 25 mars, la nouvelle compagnie aura un seul code et une seule marque commerciale.
En introduction au comité d’entreprise extraordinaire d’AOM et Air Liberté qui s’est tenu mardi, M. Rochet a souligné qu’il n’avait pas pris la tête des compagnies françaises «avec l’objectif d’arrêter leur activité ou de les démanteler». Pour lui, c’est «l’exact contraire d’un démantèlement» qui doit être mis en oeuvre.
Les personnels seront regroupés au plus près de l’aérogare d’Orly Sud dans un seul bâtiment. Le nouveau patron des trois compagnies françaises de SAirGroup a pris aussi la mesure de «la détresse, de la déception, de la désorganisation des personnels».
Marc Rochet va rencontrer cette semaine les organisations syndicales des trois compagnies pour connaître leur position et recueillir leurs propositions. «Pour pouvoir travailler ensemble, il faudra trouver rapidement un accord harmonisant d’abord les conditions de travail pour chacune des catégories de personnels.»
L’accord sur les 35 heures est considéré «comme une priorité absolue», compte tenu des disparités nées de l’histoire de chacune des trois compagnies. «Il est impératif d’aboutir à un accord dans les quatre prochaines semaines», a encore précisé M. Rochet.
Un premier point de la situation sera présenté aux actionnaires – SAirGroup et Taitbout via Alpha Marine Wendel – au plus tard le 16 mars. Tout en réaffirmant sa confiance dans l’avenir de la compagnie, Marc Rochet a rappelé sa «situation gravissime»: «Nous vivons sous perfusion à raison d’une injection de 10 millions de francs (français) par jour».
Pour lui, «le soutien des actionnaires est limité dans le temps». Le patron de la future compagnie Air Liberté a aussi conditionné le redressement à l’application de mesures concrètes. Il s’agira «d’augmenter les recettes commerciales, de supprimer les réseaux sans avenir et réduire les coûts de production».
Pour les syndicats, Marc Rochet a fait un «come-back musclé» auprès du personnel. «Nous avons l’impression «de revivre la situation de 1996», a indiqué Gilles Nicoli, membre de l’intersyndicale. «Nous en appelons à la responsabilité des pouvoirs publics français.» Les échanges ont été très durs avec le nouveau patron de SAirGroup en France. Mais pour les syndicats, «le climat dans lequel travaillent 7000 salariés n’est plus acceptable».
Un autre comité d’entreprise extraordinaire s’est déroulé à Montpellier chez Air Littoral. Mais pour l’instant, le personnel n’a pas «les mêmes réactions hostiles vis-à-vis de Marc Rochet», selon une porte-parole de la compagnie aérienne régionale de SAirGroup en France.
swissinfo avec les agences
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