Ascom annonce sa révolution
Une semaine à peine après son entrée en fonction, le nouveau patron d'Ascom parle de bouleversements radicaux dans les colonnes de CASH. Pour Urs T. Fischer, il est urgent de restructurer l'ensemble du groupe. Et il ne faut pas hésiter à vendre les secteurs les moins rentables.
«Le scénario qui se prépare devrait ressembler à celui de la transformation d’Oerlikon-Bührle en Unaxis, lance un cadre d’Ascom dans les colonnes de l’hebdomadaire alémanique. Nous allons nous séparer des divisions peu rentables et acheter des entreprises à fort potentiel de croissance».
Les propos de ce cadre résument assez bien les options qu’est en train de prendre le tout nouveau patron du groupe Ascom.
A 46 ans, Urs T. Fischer a eu l’occasion de se faire les dents en travaillant chez IBM, Digital Equipement, Compaq et Sunrise. Avec son président de conseil d’administration, Fred Rüssli, il forme la «dream team» qui ambitionne de sortir Ascom du marasme dans lequel il stagne depuis des années.
Avec une rentabilité tombée en dessous de 5%, Ascom n’a d’autre choix que de se restructurer. Profondément et rapidement. D’autant plus que des concurrents comme Cisco ou Ericsson affichent régulièrement des valeurs de rentabilité à deux chiffres.
Le groupe suisse a raté certains virages importants, tels que celui de la téléphonie mobile. Pire, il s’est payé le luxe de «flops» à plusieurs millions, comme celui du réseau Timeplex.
Pour renverser la vapeur, le groupe envisage de passer de dix à trois divisions. Selon les termes même de Fred Rüssli, certains secteurs qui ont fait la réputation d’Ascom, comme les téléphones, les machines à affranchir ou les automates, ne font plus aujourd’hui partie des poids lourds du groupe. Entendez par là qu’ils pourraient parfaitement être vendus.
Même la division Energy Systems (achetée en 1999 à ABB) n’est pas à l’abri. Malgré ses 600 millions de francs de chiffre d’affaires, elle figure en effet sur la liste des secteurs pour lesquels Ascom va rechercher un allié, sinon un acheteur.
En revanche, le duo Fischer-Rüssli a décidé de mettre le paquet sur la technologie Powerline (transmission des données téléphone et internet par le réseau électrique). Dans ce secteur, le potentiel est énorme.
Autre révolution annoncée: la cure d’amaigrissement du Conseil d’administration, qui devrait passer de neuf à sept, voire cinq membres. Selon la formule de CASH, «le temps des administrateurs qui touchent près de 80 000 francs d’honoraires par année pour dire oui à tout semble révolu».
Enfin, le nouveau directeur ne s’en cache pas: pour lui, la question du siège n’est pas un sujet tabou. Il n’exclut pas un déménagement d’une partie de la direction d’Ascom de Berne à Zurich, où la charge fiscale est moins lourde.
Urs T. Fischer n’a pas fixé de calendrier précis. Mais il souhaite une mise en œuvre rapide de la restructuration. La question sera, sans nul doute, à l’ordre du jour de l’assemblée générale des actionnaires du mois de mai.
En attendant, les 11°000 collaborateurs du groupe ont reçu une lettre de six pages, signée Fred Rüssli, qui leur expose les grandes lignes de cette révolution. Une lettre qui ne précise pas, cependant, jusqu’où pourrait aller la cure d’amaigrissement ni si des postes de travail sont menacés.
swissinfo avec CASH
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