Ascom perd pied mais pas l’espoir
Victime de l' «écroulement» du marché des télécommunications et des effets de sa restructuration, Ascom s'attend à vivre une période délicate. Le groupe bernois a essuyé une perte de 26 millions au premier semestre 2001. Et s'attend à un trou de plus de 100 millions de francs sur l'année.
Il faut dire que ces chiffres peuvent paraître surprenants. Car Ascom affichait une bonne santé au 1er semestre de l’an passé, en présentant un bénéfice de 60 millions de francs.
C’est peut être pour cette raison que la direction du groupe se déclarait «confiante», lundi à Zurich, lors de la présentation de ce bilan semestriel. Une confiance difficile à comprendre, compte tenu des perspectives inquiétantes pour l’avenir.
Séparation des secteurs déficitaires
Mais, pour Urs Fischer, patron d’Ascom, «les jalons sont posés pour un retournement de situation. Même si le groupe doit assurer encore de lourdes pertes dans les mois à venir». Ces pertes s’expliquent principalement par le coût des restructurations du groupe et la création d’importantes provisions.
En revanche, le résultat d’exploitation devrait se stabiliser et les ventes augmenter, selon le groupe qui annonce une augmentation du chiffre d’affaires de 3,3%, à 1,548 milliard de francs.
Véritables boulets d’Ascom, les divisions des automates bancaires et des terminaux téléphoniques ont été lâchées durant ce semestre. Cependant, si la cession de ces derniers secteurs, en septembre, s’avère une libération pour l’entreprise, il faudra digérer des pertes à hauteur de 41 millions de francs.
Ascom cherche, par ailleurs, une solution pour trois autres de ses activités «à problème», notamment la sécurité informatique (IT-Security) et les systèmes de mailing.
Optimisme de mise
A côté de cette situation chaotique, l’optimisme de la direction du groupe tient probablement au potentiel de développement des quatre secteurs de base actuels d’Ascom.
«Ascom mise, en effet, sur des secteurs moins agressifs que les terminaux, et probablement plus facilement rentables», explique Jean-Philippe Barras, analyste à la BCVd, la banque cantonale vaudoise.
Ces secteurs de base sont constitués par les services (Integrated Services), l’approvisionnement en énergie (Energy Systems), les nouvelles technologies (New Technologies), les installations destinées aux entreprises et le développement de Powerline (l’accès à l’Internet via un réseau électrique).
«Ces secteurs ne sont peut-être pas en plein essor, lance l’analyste de la BCVd, mais sont robustes par rapport à d’autres secteurs des télécommunications, actuellement très dangereux».
Et Jean-Philippe Barras d’ajouter «l’optimisme de la direction est compréhensible, mais il faut le tempérer dans un marché complètement imprévisible».
C’est peut-être pour cette raison que les investisseurs ne font plus confiance au groupe et à son titre. Ce dernier perdait plus de 2% lundi. Il a déjà marqué un net repli au mois de juillet quant Ascom a annoncé la suppression de 1100 postes de travail, dont 400 en Suisse.
Jean-Louis Thomas
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