Crossair: le mystère du crash reste entier
Une année après la chute de l´avion de Crossair près de Kloten, les causes de l´accident, qui avait fait dix morts, restent obscures. Le Bureau d´enquête sur les accidents d´aviation (BEAA) devrait publier son rapport final au cours de l´année.
Le 10 janvier 2000, le Saab 340B de Crossair s’écrasait deux minutes seulement après son décollage de Zurich-Kloten. Les dix occupants de l’avion ont été tués: le pilote moldave, le copilote slovaque, l’hôtesse française et les sept passagers – un Suisse, un Français, un Espagnol et quatre Allemands.
Une année plus tard, les causes de l’accident ne sont toujours pas connues. «La situation est particulièrement complexe, explique l’enquêteur Michael Fluckiger. Au départ, nous ne disposions d’aucun élément frappant qui nous dirige vers une cause plutôt qu’une autre.»
Le BEAA poursuit son enquête. Il continue d’envisager des éléments opérationnels, techniques et humains. Comme pour chaque accident, ajoute le bureau d’enquête, il faut tabler sur un concours de circonstances complexes impliquant les facteurs les plus divers.
Les experts ont analysé les débris de l’épave. Ils sont arrivés à la conclusion que toutes les traces de feu sont dues à un incendie qui s’est déclaré lors de l’impact. Selon eux, il est donc exclu qu’un incendie se soit produit pendant le vol.
L’examen détaillé des moteurs, des hélices et des équipements auxiliaires, achevé l’été dernier, a révélé que chacun de ces systèmes fonctionnait normalement jusqu’au moment de l’impact. Donc aucune piste là non plus.
Reste maintenant à analyser différents systèmes et instruments. Les enquêteurs placent également leurs espoirs dans une puce électronique retrouvée dans l’avion accidenté. Endommagée, elle est actuellement en réparation et devrait bientôt livrer des informations.
Ces différents travaux devraient prendre plusieurs mois encore. Sauf imprévu, la saisie des données s’achèvera en mai. Le rapport final devrait être publié avant la fin de l’année.
Le Bureau d’enquête a déjà transmis cinq recommandations de sécurité à l’Office fédéral de l’aviation civile. Elles concernent la programmation et l’emploi du système de gestion de vol, l’utilisation du pilote automatique, la coordination des impératifs de sécurité aérienne et de la conduite de l’avion, ainsi que l’engagement d’équipages détenteurs de licences étrangères.
Alexandra Richard
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