Environnement: les cimentiers montrent la voie
L'industrie suisse du ciment s'engage à réduire massivement ses émissions de dioxyde de carbone d'ici à 2010.
Cette première convention passée avec le Ministère de l’environnement devrait en annoncer d’autres. Dans l’industrie comme dans les services.
En ratifiant le protocole de Kyoto, la Suisse s’est fermement engagée à réduire d’ici à 2010 ses émissions de gaz à effet de serre de 10% par rapport au niveau de 1990.
Plutôt que d’imposer directement une taxe sur le CO2, le gouvernement suisse a décidé de miser sur les mesures incitatives et sur les efforts librement consentis par les entreprises et les particuliers.
Il y a une année tout juste, les importateurs automobiles ont montré la voie, en s’engageant à promouvoir les ventes de véhicules peu gourmands en énergie.
Et, lundi, les cimentiers ont suivi le mouvement, en devenant le premier secteur industriel à signer une convention d’objectifs avec le Ministère de l’environnement.
En attendant les autres
«C’est un bon signal pour l’ensemble des entreprises», se réjouit Philippe Roch. Le directeur de l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage (OFEFP) voit dans ce premier pas «un encouragement pour tous ceux qui sont en train de négocier.»
Car les cimentiers ne devraient pas rester seuls bien longtemps. L’OFEFP a bon espoir de signer, d’ici à la fin de l’année, une trentaine de conventions similaires.
Selon Philippe Roch, les «gros morceaux» seront des branches industrielles, comme le papier ou la céramique, mais également des secteurs du tertiaire, tels les centres commerciaux et l’hôtellerie, grands consommateurs d’énergie de chauffage.
Des fours où l’on brûle de tout
Avec une consommation annuelle de plus 300 000 tonnes équivalent pétrole, l’industrie du ciment est l’un des plus gros émetteurs de CO2.
Toutefois, les fours des cimenteries ne fonctionnent – et de loin – pas qu’aux hydrocarbures.
Depuis 1990, la branche a consenti des investissements à hauteur de 150 millions de francs pour adapter ses installations à toutes sortes d’autres combustibles comme les huiles usées, les boues d’épurations séchées, les déchets plastiques ou les farines animales.
Aujourd’hui, la part de ces combustibles de substitution dépasse déjà les 40%. Ce qui permet aux cimenteries d’éliminer chaque année plus de 200 000 tonnes de déchets, essentiellement industriels.
Leader mondial
Avec la convention signée lundi, les cimentiers s’engagent à poursuivre l’effort. D’ici à 2010, leurs émissions de CO2 résultant de la combustion devraient diminuer de 44,2%.
En outre, la branche s’est engagée spontanément à réduire, en parallèle, les émissions de CO2 résultant des processus de fabrication. Et de 30%, cette fois-ci.
«Avec ces mesures, la Suisse devient le pays au monde où la production de ciment répond le mieux aux objectifs du développement durable», souligne Leo Mittelholzer, président de Cemsuisse, l’organe faîtier de la branche.
«Cette convention représente une contribution majeure à l’atteinte des objectifs du protocole de Kyoto», confirme Philippe Roch.
swissinfo, Marc-André Miserez
Les cimenteries suisses:
9 usines
1850 employés (y compris dans les fabriques de liants)
3,9 millions de tonnes de ciment produites annuellement
En conformité avec les normes du JTI
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