Quand la justice internationale se retrouve dans le viseur de Donald Trump
Chère lectrice, cher lecteur,
La nouvelle vous a peut-être échappé tant le président américain Donald Trump a multiplié les annonces choc ces derniers jours. Le vendredi 9 octobre, alors même que le comité Nobel récompensait les efforts de Navi Pillay en faveur de la paix, Washington a annoncé des sanctions contre la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye.
Sans précédent, cette décision a suscité un torrent de réactions indignées au sein de la Genève internationale, haut lieu de la lutte contre l’impunité pour les crimes les plus graves. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a dénoncé une mesure «inacceptable», rappelant que l’absence de justice ne fait qu’«alimenter la violence et la souffrance» dans les conflits à travers le monde.
Ces sanctions visant la Cour en elle-même s’ajoutent à celles déjà prises contre plusieurs de ses magistrats. Elles entreront en vigueur dans six mois, au terme de l’ultimatum lancé par l’administration Trump. Les États-Unis exigent notamment que la CPI retire les mandats d’arrêt visant le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, accusés de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Ces mesures entraveront fortement le fonctionnement de la première juridiction pénale internationale permanente, en particulier dans le domaine des transactions financières. Et ce, même si l’institution se prépare depuis des mois à un tel scénario en cherchant à réduire sa dépendance vis-à-vis des entreprises américaines.
Le fait que l’annonce américaine soit intervenue le jour même de la remise du prix Nobel de la paix n’a échappé à personne. Donald Trump n’a jamais caché qu’il estimait mériter cette récompense. Il devra, pour l’heure, se contenter du prix de la paix décerné par le président de la FIFA. Pour la Genève internationale, la distinction attribuée à Navi Pillay, ancienne Haute-Commissaire aux droits de l’homme, sonne comme un signal fort à l’heure où la justice internationale est plus que jamais sous pression.
Meilleures salutations,
Dorian Burkhalter
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